Les élections présidentielles portugaises de 2026 marquées par l’ascension d’André Ventura
Pour la première fois de leur histoire, les Portugais pourraient placer en tête du premier tour de l’élection présidentielle, prévue le dimanche 18 janvier 2026, le candidat d’un parti d’extrême droite. André Ventura, leader du parti Chega (« Assez »), mène actuellement dans les sondages, rapporte TopTribune.
Ventura bénéficie d’un fort soutien dans des localités comme Entroncamento, une des trois villes où son parti a remporté la mairie lors des élections municipales d’octobre dernier. À Entroncamento, située au nord de Lisbonne, le climat politique est tendu, notamment en raison d’une immigration en hausse. Emidio Gomes, chauffeur de taxi, déclare : « Les immigrés qui arrivent sont surtout africains, ils viennent d’Angola, du Mozambique, de Guinée. Leur arrivée a fait flamber les prix de l’immobilier et a créé un fort climat d’insécurité. »
Dans la même ville, Carita, agente de sécurité, exprime son inquiétude, affirmant : « À Entroncamento, on ne pourra bientôt plus sortir dans la rue. » Elle soutient Ventura, estimant qu’une telle voix est nécessaire pour rétablir l’ordre.
La ville a récemment changé de mains politiques après douze années de gouvernance socialiste. Arnaldo Henriques, retraité de l’armée, souligne que « le manque de surveillance policière pour combattre les infractions et les crimes, principalement liés à la drogue, a contribué à la victoire de Chega. » Un autre habitant partage ses craintes quant à l’immigration non maîtrisée, déclarant : « On voit que les immigrés fondent leurs propres églises, montent leurs systèmes… Ils ne s’intègrent pas. »
En attendant, de nombreux électeurs hésitent encore à afficher leur soutien à Ventura, mais plusieurs pourraient finalement voter pour lui. Les derniers sondages créditent le leader de Chega de 24 % d’intentions de vote, soit le double de son score lors des présidentielles de 2021.
Bien que le président du Portugal, élu au suffrage universel, ne détienne pas de pouvoirs exécutifs, il pourrait néanmoins jouer un rôle crucial en cas de crise, ayant le pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer de nouvelles élections. Historiquement, une seule élection présidentielle au Portugal s’est décidée au second tour, en 1986.