Les propos de Donald Trump relancent le débat sur l’organisation d’élections en Ukraine en pleine guerre
Les propos de Donald Trump relancent le débat sur l’organisation d’élections en Ukraine en pleine guerre

Les propos de Donald Trump relancent le débat sur l’organisation d’élections en Ukraine en pleine guerre

09.12.2025 19:13
3 min de lecture

Une déclaration américaine qui ravive une question sensible

Le 9 décembre 2025, le président des États-Unis Donald Trump a affirmé dans un entretien à Politico qu’« il est temps » pour l’Ukraine d’organiser une élection présidentielle, estimant que « cela fait longtemps » que le pays n’a pas voté et que « le peuple ukrainien doit pouvoir choisir ». Il a par ailleurs supposé que Volodymyr Zelensky pourrait remporter un tel scrutin. Ces propos interviennent alors que l’Ukraine continue de vivre sous la loi martiale imposée depuis l’invasion russe à grande échelle, un contexte qui rend la tenue de toute élection juridiquement et matériellement impossible. La remarque présidentielle a immédiatement suscité des interrogations, tant à Kyiv que parmi les partenaires européens, sur l’opportunité de soulever ce débat en pleine phase active du conflit.

Les limites légales et sécuritaires qui empêchent tout scrutin

Volodymyr Zelensky ne rejette pas l’idée d’élections en tant que telle. Dans un commentaire accordé au quotidien italien La Repubblica, il a répondu aux propos de Donald Trump par la formule : « I am ready for ever », affirmant être prêt à participer à une élection dès que les conditions le permettront. Le cadre juridique ukrainien interdit toutefois explicitement l’organisation de scrutins nationaux en temps de guerre : la loi sur le régime de la loi martiale, comme l’ensemble de la législation électorale, empêche tout processus électoral tant que les hostilités se poursuivent. En 2025, le Parlement ukrainien a d’ailleurs précisé qu’un retour aux urnes ne serait envisageable qu’après l’obtention d’une paix « globale, juste et durable ».

Les obstacles sécuritaires demeurent également déterminants. Les bombardements quotidiens menés par la Russie contre des villes, des infrastructures énergétiques et des transports rendraient dangereuse toute forme de vote physique. Par ailleurs, des millions d’Ukrainiens se trouvent aujourd’hui à l’étranger, souvent loin des ambassades ou consulats, qui ne disposent pas des capacités logistiques nécessaires pour gérer un afflux massif de votants. Une élection dans ces conditions empêcherait de fait une part significative de la population d’exercer son droit de vote, en contradiction avec les standards internationaux.

Des territoires occupés et une dimension humanitaire qui compliquent davantage la situation

À ces contraintes s’ajoute l’occupation de parties du territoire ukrainien par les forces russes. Organiser des élections uniquement dans les zones contrôlées par Kyiv reviendrait à priver de vote des centaines de milliers de citoyens. À l’inverse, tenter d’organiser des procédures électorales dans les zones occupées exposerait le processus à une manipulation directe par les autorités d’occupation, à l’image des référendums illégitimes organisés par Moscou depuis 2014. La question n’est donc pas politique mais structurelle : aucune élection ne peut être crédible dans un pays où une guerre active remet en cause la sécurité, l’intégrité territoriale et les droits fondamentaux.

Le soutien européen à la légitimité institutionnelle ukrainienne

Après les déclarations de Donald Trump, plusieurs dirigeants européens ont rappelé que Volodymyr Zelensky reste le président légitime de l’Ukraine, élu démocratiquement avant l’instauration de la loi martiale. Ils ont souligné que la priorité demeure la création de conditions permettant un scrutin sûr, équitable et conforme aux normes internationales, conditions impossibles tant que les attaques russes se poursuivent. Pour l’UE, l’essentiel est de maintenir la stabilité institutionnelle d’un pays confronté à une agression militaire constante.

Une priorité stratégique : renforcer la défense, pas ouvrir une campagne électorale

Dans la situation actuelle, l’Ukraine a besoin d’une consolidation de ses capacités de défense — systèmes antiaériens, équipements militaires, soutien financier et continuité administrative — plutôt que d’un processus électoral qui pourrait fragiliser l’État. Les autorités ukrainiennes comme leurs partenaires internationaux rappellent que l’organisation d’élections sous les missiles russes créerait des risques humanitaires, sécuritaires et démocratiques majeurs. Lorsque les conditions légales et sécuritaires seront réunies, un scrutin pourra être organisé dans un cadre stable, transparent et pleinement représentatif.

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