La recherche sur le dégoût parental a récemment été mise en lumière par une étude de l’Université de Bristol, qui a démontré qu’une exposition répétée à des substances dégoûtantes chez les enfants réduit les réactions émotionnelles négatives des parents. Cette désensibilisation persiste avec le temps, rapporte TopTribune.
Le dégoût, une émotion humaine fondamentalement protectrice
Selon le Dr Edwin Dalmaijer, neuroscientifique à l’École de sciences psychologiques de Bristol, « le dégoût est une émotion humaine fondamentale qui nous protège du danger. La plupart des gens le reconnaissent comme la forte sensation de répulsion que nous éprouvons à la vue de quelque chose de sale ou à la simple pensée de fluides corporels. Lorsque nous éprouvons du dégoût, notre corps réagit souvent automatiquement, par des nausées ou en ayant envie de s’éloigner rapidement. »
La parentalité : une « expérience naturelle » idéale pour étudier le dégoût
Le Dr Dalmaijer ajoute que « la parentalité accroît considérablement l’exposition à ces substances. Les gens ne choisissent pour autant pas de ne pas devenir parents, par dégoût. Cela en fait une expérience naturelle idéale pour étudier comment le dégoût évolue avec le temps. »
Pour explorer cette question, les chercheurs ont analysé les réponses à des questionnaires et observé les comportements de 99 parents et 50 non-parents. L’étude portait sur des questions spécifiques et des stimuli liés aux enfants, comme des images de couches sales.
Les résultats montrent qu’il n’est pas surprenant que les personnes sans enfants éprouvent une forte aversion pour des images représentant des excréments. De plus, les parents d’enfants exclusivement nourris au lait montraient des niveaux de dégoût semblables à ceux des non-parents. En revanche, pour ceux dont les enfants avaient commencé à manger des aliments solides, le dégoût était quasiment inexistant, suggérant qu’une exposition prolongée conduit à une désensibilisation.
Les chercheurs concluent que ce phénomène pourrait refléter une réponse adaptative évolutive, permettant aux parents de mieux s’occuper de leurs enfants, tout en naviguant dans des expériences potentiellement répulsives.