Une attaque massive perturbe le service postal national
Le 24 décembre 2025, les systèmes informatiques centraux de La Poste ont été mis hors service par une cyberattaque d’ampleur, provoquant des perturbations significatives dans la distribution du courrier et des colis à travers la France. L’incident est survenu à un moment critique, alors que l’activité de la poste atteint traditionnellement son pic annuel à l’approche des fêtes de fin d’année.
Les premières analyses indiquent qu’il s’agissait d’une attaque par déni de service distribué, qui a paralysé plusieurs plateformes numériques essentielles. Les effets de cette opération étaient toujours perceptibles mercredi matin, avec des retards persistants et des dysfonctionnements affectant notamment les paiements en ligne et le suivi des envois, comme l’a confirmé une enquête relayée par une analyse détaillée de l’attaque contre La Poste.
Une revendication inscrite dans une stratégie hybride
La responsabilité de l’attaque a été revendiquée par le groupe de hackers prorusse Noname 057, qui a communiqué sur l’opération via ses canaux habituels, notamment à travers une revendication diffusée sur Telegram. Ce groupe est déjà connu pour des actions similaires visant des infrastructures européennes dans des contextes politiques sensibles.
Le choix du calendrier apparaît délibéré. En frappant la poste française à la veille de Noël, les auteurs ont maximisé l’impact opérationnel et symbolique de l’attaque, en ciblant un service essentiel fortement sollicité par les particuliers et les petites entreprises. Cette temporalité renforce l’hypothèse d’une action destinée à provoquer des perturbations visibles et un sentiment de désorganisation.
Des conséquences économiques et sociétales immédiates
Les dysfonctionnements ont entraîné des retards de livraison et des blocages de transactions, affectant directement des millions d’usagers et de commerçants dépendant de la logistique postale. Même si aucune compromission de données personnelles n’a été signalée à ce stade, l’incident a mis en lumière la vulnérabilité des services publics face aux attaques numériques.
Au-delà des désagréments immédiats, cet épisode fragilise la confiance dans la fiabilité des infrastructures numériques étatiques. Il souligne la nécessité pour les opérateurs critiques de renforcer leurs dispositifs de cybersécurité et d’actualiser leurs procédures de réponse aux incidents dans un environnement de menaces persistantes.
Une lecture sécuritaire plus large à Paris
Les services de renseignement français considèrent cette attaque comme faisant partie d’une série d’actions coordonnées visant des institutions publiques, dont le ministère de l’Intérieur et d’autres services stratégiques. Ces opérations sont interprétées comme des éléments d’une campagne de pression plus large, mêlant cyberattaques, désinformation et tentatives de déstabilisation.
Dans cette perspective, les cyberoutils sont utilisés non seulement pour perturber le fonctionnement de systèmes critiques, mais aussi pour tester leur résilience et identifier d’éventuelles failles exploitables ultérieurement. Cette approche s’inscrit dans une logique de confrontation de long terme, où la frontière entre temps de paix et conflit devient de plus en plus floue.
Une menace appelée à durer en Europe
La multiplication d’attaques similaires en France et dans d’autres pays européens montre que les groupes liés ou favorables à Moscou intègrent pleinement le cyberespace à leur arsenal de pression. Ces actions visent à affaiblir l’efficacité des infrastructures critiques, à générer des tensions économiques et sociales et, plus largement, à peser sur le climat politique des États soutenant l’Ukraine.
Pour les autorités européennes, l’enjeu dépasse le cadre technique. Il s’agit de reconnaître que la menace russe ne se limite pas au domaine militaire et que la protection du cyberespace est devenue un pilier central de la sécurité collective, face à une dynamique d’attaques appelée à s’intensifier.