Les Ecologistes en danger aux élections municipales de mars 2025
À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2025, le parti des Ecologistes, dirigé par Marine Tondelier, fait face à des prévisions alarmantes. Six ans après une percée significative dans les grandes villes françaises, l’équipe risque d’être confrontée à un revers, souvent alliée au PS au niveau local et systématiquement attaquée par La France Insoumise (LFI), le parti devra naviguer dans un contexte politique délicat, rapporte TopTribune.
En 2020, connue alors sous le nom d’Europe Écologie-Les Verts, cette formation avait remporté la victoire dans sept villes de plus de 100 000 habitants, incluant Lyon, Bordeaux et Strasbourg. Cependant, cette dynamique semble s’essouffler, avec des sondages récents suggérant que la « vague verte » pourrait refluer. Les écologistes abordent ces élections avec une perception délétère après des résultats décevants aux élections présidentielles de 2022 et aux élections européennes de 2024, où leur score est resté en dessous de la barre des 5%
Le maire sortant de Grenoble, Eric Piolle, minimise les impacts des résultats passés sur les élections municipales, en dénonçant le phénomène d’« écolo-bashing ». Les controverses entourant les mandats écologistes se sont multipliées depuis 2020, abordant des sujets allant de la nécessité des décorations de Noël à des critiques sur le Tour de France, qui a été jugé « machiste et polluant » par des élus.
Selon le politologue Daniel Boy, le climat a totalement changé, avec une préoccupation croissante pour des sujets tels que le pouvoir d’achat, reléguant l’écologie au second plan. De plus, la direction nationale du parti se veut confiante : David Cormand, ancien leader d’Europe Écologie-Les Verts, affirme être orienté vers une stratégie de déploiement plutôt que défensive.
« Les bilans sont solides et bien perçus, et la campagne municipale va être courte. Les choses vont se cristalliser dans les toute dernières semaines. »
David Cormand, ex-patron d’Europe Ecologie-Les Verts
La compétition s’annonce accablante dans des villes telles que Lyon, où le maire Grégory Doucet fait face à Jean-Michel Aulas, et à Strasbourg, où Catherine Trautmann, ancienne maire socialiste, se présente en challenger. Eric Piolle souligne que le manque de candidats sortants dans certaines villes peut constituer un handicap supplémentaire face à une opposition unie.
Pierre Hurmic, à Bordeaux, voit des chances d’emporter un nouveau succès, bien que son mandat ait suscité des critiques quant à son éloignement des principes écologiques. Le parti espère également conquérir des municipalités où ils n’ont pas encore de dirigeants, mais ils doivent composer avec une concurrence grandissante de LFI, qui a ajusté sa stratégie pour les municipales.
Dans ce cadre troublé, plus de 400 militants ont signé une tribune critiquant l’orientation actuelle du parti, conduisant à des suspensions dans leurs rangs. David Cormand évoque ces départs comme des manœuvres opportunistes liées aux enjeux de place sur les listes électorales.
Les élections des 15 et 22 mars seront cruciales pour déterminer si les Ecologistes peuvent maintenir leur position face à une LFI en pleine expansion et à un PS qui conserve des liens ambigus avec Tondelier. Malgré des alliances locales, les tensions pourraient compliquer les perspectives en vue de la présidentielle de 2027. Comme le souligne un observateur, « les Ecologistes ont plus à perdre qu’à gagner. »