La France revoit actuellement sa méthode de retrait d’argent liquide, un acte ancré dans le quotidien pour des millions de citoyens. L’évolution des technologies de paiement et des comportements des consommateurs, comme le souligne la directive européenne adoptée le 28 juin, incite les établissements bancaires à repenser l’organisation de leurs distributeurs automatiques de billets (DAB). Bien que l’usage des paiements dématérialisés se développe, l’importance de l’argent liquide demeure essentielle pour une large part de la population, représentant encore 43 % des transactions, rapporte TopTribune.
Les changements apportés par la législation et l’évolution du réseau de DAB
Depuis la fin de juin, une nouvelle directive européenne impose aux banques d’améliorer l’accessibilité de leurs distributeurs. Ces établissements doivent maintenant intégrer des fonctionnalités telles que des instructions vocales, la possibilité de connecter un casque audio, ainsi que des options de contraste renforcé et un agrandissement des caractères affichés. Le but est de faciliter l’accès aux DAB pour les personnes malvoyantes, les personnes âgées et celles en situation de handicap. Selon la Fédération bancaire française, « la majorité des nouveaux distributeurs respectent déjà ces normes techniques ».
Cependant, le nombre total de DAB en France est en déclin : on prévoit une réduction d’environ 10 000 automates d’ici la fin de 2024 par rapport à la situation de fin 2018, représentant une baisse de 15 %, surtout dans les communes de plus de 2 000 habitants. Cette diminution s’explique par la réduction des paiements en espèces, qui devraient chuter à 19 % des dépenses courantes en 2024, contre 24 % en 2019 et 33 % en 2012, selon une étude récemment publiée par la Banque de France.
Faciliter l’accès et mutualiser l’utilisation des DAB
Pour contrer cette tendance à la disparition des DAB, plusieurs grandes banques telles que BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC ont décidé de mutualiser l’usage de leurs automates. Elles mettent en place des dispositifs permettant aux clients d’effectuer des retraits, des dépôts d’espèces ainsi que des dépôts de chèques sans frais supplémentaires pour les utilisateurs en dehors du réseau, comme l’explique le magazine Pleine Vie. Cette approche collective vise également à répondre aux besoins spécifiques des zones rurales, souvent mal desservies par les services bancaires traditionnels.
Cependant, les autorités publiques ont choisi de ne pas contraindre les banques à maintenir des DAB non rentables, préférant encourager le retrait d’espèces via le développement du cashback, une pratique qui est permise depuis 2018 mais qui n’est pas encore largement adoptée. Par exemple, il est conseillé à une famille de quatre personnes de garder 200 € en liquide pour faire face à d’éventuels imprévus.
Propositions législatives et nouvelles alternatives pour les retraits en espèces
Un projet de loi proposé par le député socialiste Pierrick Courbon vise à améliorer l’accès au système en augmentant le plafond de retrait via le cashback, passant de 60 € à 150 €, tout en introduisant des incitations fiscales pour les commerçants qui offrent ce service. De plus, il est suggéré de confier à La Poste la responsabilité d’installer et d’entretenir des DAB dans les régions délaissées par les banques conventionnelles.