La France s’oppose à l’accord UE-Mercosur
Le 27 novembre 2025, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une résolution demandant au Gouvernement français de s’opposer à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, qui faciliterait l’importation de produits agricoles sud-américains sur les marchés européens, au détriment des agriculteurs français, rapporte TopTribune.
Un revers pour l’agriculture française
La proposition, présentée par le groupe La France Insoumise, a reçu 244 voix en faveur, tandis qu’une seule voix s’est exprimée contre, mais il s’est avéré que le député a souligné une erreur de vote.
Stéphane Travert, ancien ministre de l’Agriculture et député de la Manche, a exprimé son opposition résolue à cet accord. « On ne peut pas demander à nos agriculteurs de respecter des normes parmi les plus strictes au monde tout en acceptant un accord commercial qui organiserait leur mise en concurrence déloyale », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que les normes de production dans le Mercosur sont souvent inférieures à celles exigées dans l’UE, notamment en matière d’usage de pesticides et de bien-être animal, ce qui créerait une concurrence déloyale et mettrait en péril les exploitations françaises.
Une importation massive en perspective
Travert a mis en garde contre les volumes élevés d’importations que cet accord permettrait : 99 000 tonnes de viande bovine, 180 000 tonnes de volaille, 16 millions de tonnes de sucre en franchise de droits et 450 000 tonnes d’éthanol. Selon lui, ces quantités massives, produites dans des conditions moins exigeantes, augmenteraient la pression sur les marchés locaux et fragiliser des exploitations déjà vulnérables.
La clause de sauvegarde jugée insuffisante
Il a critiqué la clause de sauvegarde avancée par la Commission européenne, la qualifiant d’insuffisante. « Elle ne permet qu’une suspension temporaire des préférences tarifaires, elle n’est pas automatique et ne se déclenche qu’après des dommages constatés. Cela ne constitue pas un mécanisme de protection efficace et pérenne pour les filières agricoles françaises et européennes », a-t-il ajouté.
Pour Travert, il est crucial de garantir une stricte réciprocité des normes, de maîtriser les volumes importés et de renforcer significativement les contrôles non seulement aux frontières de l’Union européenne, mais également dans les pays d’origine des produits.
« Pour protéger nos filières agricoles, notre environnement et notre souveraineté alimentaire, la France doit dire non à l’accord UE-Mercosur en l’état », a conclu Stéphane Travert.