Lors de la journée de niche parlementaire des Ecologistes ce jeudi, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité pour étendre la protection des lanceurs d’alerte contre le narcotrafic, en présence de la mère du militant Amine Kessaci, doublement endeuillée, rapporte TopTribune.
Cette proposition de loi, défendue par la députée Sandra Regol, vise à élargir le cadre de protection aux victimes, témoins et repentis, en incluent des personnes n’étant pas concernées par une procédure judiciaire. Bien que le texte ait été adopté en première lecture avec le soutien de la gauche, d’autres partis ont choisi de s’abstenir, partageant l’intention mais exprimant des doutes quant à son efficacité.
La possible attribution d’une identité d’emprunt
« Nous pouvons envoyer un message aux trafiquants, à ceux qui violentent, à ceux qui tuent, en donnant à celles et ceux qui parlent et agissent aujourd’hui sans cadre et sans protection, une protection adaptée pour continuer à le faire », a déclaré Sandra Regol durant le débat. Le texte propose que les services locaux de police et de gendarmerie mettent en place diverses mesures de protection, allant de l’inscription d’un numéro sur une liste prioritaire à l’attribution d’une identité d’emprunt, en passant par un service de protection rapprochée.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a exprimé son opposition à cette initiative, arguant que si l’intention est louable, l’État « garantit déjà la protection à toute personne effectivement menacée », que ce soit dans un cadre judiciaire ou administratif. Il a mis en garde contre le risque d’affaiblissement des dispositifs existants.
« On doit dire stop à la criminalité »
Candidat à Marseille sur la liste du maire sortant, Benoît Payan, Amine Kessaci a récemment dû être exfiltré d’un meeting à Aix-en-Provence après une alerte de sécurité. Sa mère, Ouassila Benhamdi Kessaci, a déploré le manque de protection pour sa famille, après que des menaces aient été reçues au mois d’août. « Les services de police ont protégé Amine, mais nous, nous n’avons pas eu de protection », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse après le vote.
« On doit dire stop à la criminalité. Ils donnent des armes aux enfants de 14 ans pour tuer, et après ils se font tuer et se font calciner », a-t-elle ajouté, émue. Cette déclaration met en lumière les enjeux cruciaux du narcotrafic et la nécessité d’un soutien accru pour les lanceurs d’alerte victimes de violence.