Le Marineland d’Antibes a annoncé sa fermeture définitive à compter du 5 janvier 2025, marquant ainsi la fin d’une ère pour le parc qui accueillait plus de 1,2 million de visiteurs par an, un chiffre qui est tombé à moins de 500 000 récemment. Ce déclin a conduit à des négociations en cours concernant le relocalisation de plus de 4 000 animaux, y compris les douze dauphins du parc, et à la recherche de solutions pour les 103 salariés concernés, rapporte TopTribune.
Un projet de zoo consacré aux cétacés est prévu pour être inauguré au zoo de Beauval en mars 2027, où les dauphins du Marineland pourraient être transférés. « C’est un projet responsable, durable et utile, qui va améliorer la situation des animaux », a déclaré le ministre délégué de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, lors d’une visite au zoo, rappelant que la loi de 2021 interdisant les spectacles de cétacés, à partir de décembre 2026, sera respectée.
Le zoo a également prévu d’accueillir les onze dauphins du parc Planète Sauvage, situé près de Nantes, qui cesse ses animations autour des cétacés. Cependant, les conditions de vie des dauphins du Marineland restent préoccupantes depuis la fermeture du parc, et des interrogations demeurent quant à leur avenir. « C’est la meilleure possibilité offerte aux dauphins du Marineland », a défendu Lefèvre, tout en soulignant que ces animaux restent la propriété du Marineland et que des discussions sont nécessaires pour leur transfert.
Transfert de dauphins vers Beauval
Selon la direction du Marineland, une fois les douze dauphins transférés en Espagne, le propriétaire Parques Reunidos sera en mesure d’envoyer les huit dauphins de Malaga à Beauval. Ce transfert est conditionné à l’obtention des autorisations requises et à l’assurance du même niveau de bien-être pour les animaux. Les responsables du Marineland ont précisé qu’il était désormais impossible de garder les dauphins plus longtemps. « Ces décisions sont motivées par des préoccupations de bien-être animal, de sécurité et des questions sociales », a communiqué le parc.
Avertir sur les risques futurs
La présidente de l’ONG Sea Shepherd, Lamya Essemlali, a souligné que la structure de Beauval représente une « solution pour éviter le pire des scénarios » pour ces dauphins, en écartant le risque d’un transfert vers des delphinariums à l’étranger, notamment en Espagne ou en Chine, où ils pourraient se retrouver séparés et utilisés pour des spectacles. « Ce qui se passe aujourd’hui en France avec la captivité des dauphins pourrait être un précédent pour le reste de l’Europe », a-t-elle averti, notant que des dizaines de dauphins se trouvent dans des parcs en difficulté.
Des critiques ont été émises par d’autres associations, comme One Voice, qui a dénoncé une « rétrogradation inacceptable ». Cette organisation argue en faveur d’une alternative : la création de véritables sanctuaires marins, qui répondraient mieux aux besoins des animaux.
Un projet unique au monde
Le directeur général du zoo de Beauval, Rodolphe Delord, a affirmé que ce projet, qui n’a pas d’équivalent à l’échelle mondiale, a été élaboré en réponse aux préoccupations du gouvernement et des associations. La structure conçue sur 2,5 hectares comprendra sept bassins, dont trois et un centre dédié à l’étude et à la préservation des dauphins. « Nous allons reproduire un environnement unique avec des vagues et des courants », a-t-il précisé. Le coût total du projet est estimé à 25 millions d’euros, entièrement financé par le ZooParc, qui a attiré deux millions de visiteurs en 2023.
Recrutement des soignants à Beauval
Le ministre a également abordé la situation des soigneurs employés au Marineland, en promettant de faciliter leur recrutement au zoo de Beauval. « Je m’engage à faire en sorte que les soigneurs animaliers de Planète Sauvage et du Marineland soient intégrés ici », a déclaré Delord. Cependant, il a été précisé que les deux orques du Marineland ne peuvent pas être transférées de la même manière en raison des défis spécifiques que cela pose.
« Le ministère suit la situation quotidiennement et explore toutes les options pour transférer ces orques », a ajouté Lefèvre, se penchant sur l’urgence de leur situation, qui paraît plus critique que celle des dauphins dans le contexte actuel.