Les activités secrètes de Dominique de Villepin à l’international dévoilées
Depuis son départ de Matignon en 2007, Dominique de Villepin a multiplié les missions de conseil et les conférences à l’étranger, s’engageant en Chine, en Arabie saoudite et dans la Russie de Vladimir Poutine, rapporte TopTribune.
Restant discret sur ses affaires, Villepin a récemment été contraint de rendre publics les comptes de sa société de conseil, Villepin International, après des interrogations sur la nature de ses revenus, affirmant travailler uniquement pour des entreprises françaises. Cependant, une enquête de la cellule investigation de Radio France révèle qu’il a largement développé ses activités à l’international, notamment en Chine depuis 2008, où il a occupé des postes au sein d’associations et de fonds d’investissement.
Villepin a également entretenu des relations avec d’autres régimes autoritaires. Au Qatar, il a été nommé à l’Autorité des musées par la fille de l’émir, tandis qu’en Arabie saoudite, il a tenté de conclure des contrats, selon des témoignages de diplomates. Un contrat particulier avec le businessman saoudien Khaled Bugshan avait suscité des interrogations des juges entourant des suspicions de financements libyens lors de la campagne de Nicolas Sarkozy. En 2016, il avait été entendu par la police anticorruption concernant des paiements totaux de 800 000 euros par Bugshan entre 2008 et 2010.
Dominique de Villepin a aussi été vu au forum économique de Saint-Pétersbourg en compagnie d’Alexandre Djouhri, un homme d’affaires controversé. À cette occasion, les deux hommes se sont enregistrés comme « vice-présidents » de Veolia, bien que la société ait nié toute relation avec Djouhri. De plus, Villepin a été en Russie au moment où Djouhri a tenté de contacter Nicolas Sarkozy en 2015 pour le rencontrer. Dans ses déclarations aux enquêteurs, Villepin a insisté sur le fait qu’il n’avait aucune activité commerciale ni en Russie ni ailleurs.
Sa proximité avec le régime de Moscou pourrait-elle nuire à sa réputation en cas de candidature présidentielle? Certains acteurs politiques, comme l’ancien député Alain Marsaud, ne voient pas d’inconvénient, soulignant que beaucoup de responsables politiques ont jonglé avec leurs relations avec Poutine. De Villepin a, quant à lui, justifié ses voyages en Russie par un besoin de compréhension diplomatique, affirmant que la Russie demeure un acteur central sur la scène internationale.