Report de l’application de déclaration pour les pêcheurs en mer
Initialement prévue pour entrer en vigueur ce week-end, le 10 janvier, l’application destinée aux pêcheurs en mer ne sera pas prête. Ce retard empêche la Commission européenne de mettre en œuvre cet outil obligeant les pêcheurs amateurs à déclarer les poissons qu’ils sortent de l’eau, une mesure controversée censée contribuer à la lutte contre les pratiques illégales et à la protection des ressources marines, rapporte TopTribune.
Le jour prévu pour son lancement, le ministère de la Transition écologique a annoncé que « les obligations d’enregistrement et de déclaration sont reportées à une date ultérieure ». Ce report est attribué à « des difficultés techniques » rencontrées pour le déploiement de l’application, nommée RecFishing.
A l’heure actuelle, la date de disponibilité de l’application demeure incertaine. Le ministère français indique que « la Commission européenne doit prochainement proposer un calendrier de diffusion dans les différents États membres et préciser ainsi la date d’ouverture de la plateforme électronique pour la France dans les prochaines semaines ».
Une fois en service, l’outil exigera que chaque pêcheur identifie, mesure et photographie chacune des prises de cinq espèces (bar, lieu jaune, thon rouge, dorade rose et dorade coryphène). Ce processus vise à renforcer la traçabilité et la durabilité dans le secteur de la pêche.
Ce report a été perçu comme une opportunité pour apaiser les craintes des opposants à cette obligation. « L’administration reconnaît aujourd’hui une évidence : l’outil n’est pas disponible », a commenté le Collectif des pêcheurs récréatifs (Copere), qui s’oppose fermement à cette application, la qualifiant de « flicage ».
En France, environ trois millions de pêcheurs amateurs en mer sont concernés par ces nouvelles règles. Contrairement aux pêcheurs en eau douce, qui doivent se déclarer sous certaines conditions, les pêcheurs en mer n’ont pas d’obligation d’enregistrement, sauf en cas d’exception comme les réserves protégées.
Le report de l’entrée en vigueur de cette application a également ouvert la voie à des discussions plus larges sur les pratiques de pêche et la réglementation. Des experts en durabilité marine insistent sur le fait qu’un système de déclaration est crucial pour protéger les stocks de poissons et éviter la surpêche.
De nombreux pêcheurs amateurs estiment que cette obligation pourrait restreindre leur activité. Beaucoup se sentent mal informés et craignent que la complexité de l’application n’introduise des barrières supplémentaires, les rendant hésitants à pratiquer leur loisir. Le ministère de la Transition écologique a promis de communiquer davantage sur l’utilisation de l’outil une fois qu’il sera disponible.
La réaction de la communauté des pêcheurs reste partagée. Alors que certains soutiennent la nécessité d’un contrôle renforcé pour assurer la durabilité des ressources maritimes, d’autres considèrent cette obligation comme une intrusion dans leurs droits et libertés en tant que pescateurs. Le débat sur le juste équilibre entre la protection de l’environnement et la liberté individuelle dans le secteur de la pêche est loin d’être clos.
A mesure que la commission européenne finalize les modalités de mise en œuvre de cette application, il sera essentiel de veiller à ce que les pêcheurs soient pleinement informés et préparés à s’adapter à ces changements. La coopération entre les décideurs politiques, les autorités maritimes et la communauté des pêcheurs sera donc cruciale pour naviguer dans les défis que présente ce nouveau cadre réglementaire.