Le 27 janvier 2026, des médias ont rapporté qu’un haut responsable de l’Église orthodoxe russe (EOR) a tenu des propos extrêmes lors d’une conférence organisée dans un cadre militaire, qualifiant le président ukrainien et l’ensemble des anciens chefs d’État de l’Ukraine de « satanistes ». Cette déclaration a été prononcée par le métropolite Kirill (Pokrovski), président du département synodal de l’EOR chargé des relations avec les forces armées, devant des représentants des forces de l’ordre et de l’armée russe, affirmant que la victoire nécessitait non seulement des armes, mais aussi la prière et le jeûne.
L’intervention s’est déroulée lors du forum intitulé « Protection de l’orthodoxie et du monde russe – gage de la transformation de la Russie », accueilli dans un bâtiment central de l’armée russe. Plus de 500 aumôniers militaires y participaient, aux côtés de hauts responsables civils et militaires, ce qui souligne l’imbrication étroite entre structures religieuses et appareil sécuritaire de l’État.
Déshumanisation politique et rhétorique de guerre
En qualifiant des dirigeants élus démocratiquement de forces « sataniques », le métropolite a employé un vocabulaire de déshumanisation qui dépasse le registre religieux. Selon des observateurs, ce type de discours vise à présenter l’adversaire comme un mal absolu, incompatible avec toute forme de compromis, et à justifier la poursuite de la guerre contre l’Ukraine. Les propos ont été largement relayés sur les réseaux sociaux russes, notamment via une diffusion rapportée par des canaux d’information indépendants.
Cette rhétorique contribue à effacer les distinctions entre conflit politique et affrontement métaphysique, en conférant une dimension sacrée à l’action militaire. Dans ce cadre, la violence est présentée comme moralement acceptable, voire nécessaire, ce qui soulève de sérieuses interrogations quant au respect des normes humanitaires et éthiques.
Une intégration assumée dans l’appareil étatique russe
La présence conjointe de responsables du ministère russe de la Défense, de l’état-major et de la diplomatie à cette conférence illustre l’intégration institutionnelle de l’EOR dans la stratégie de guerre du Kremlin. L’Église n’y apparaît pas comme une voix appelant à la réconciliation, mais comme un acteur participant à la mobilisation idéologique des forces armées.
Des analyses publiées par la presse régionale soulignent que ce positionnement n’est pas isolé, mais s’inscrit dans une ligne constante de soutien religieux à l’agression militaire contre l’Ukraine, comme l’a détaillé un compte rendu des propos du métropolite.
Réactions et implications internationales
Les déclarations visant directement le président Volodymyr Zelensky et d’autres responsables ukrainiens sont perçues par de nombreux experts comme une tentative de délégitimation politique par des moyens religieux. Elles alimentent les inquiétudes quant à l’utilisation de la foi comme instrument de propagande et de mobilisation dans un conflit armé.
À l’échelle internationale, ces prises de position renforcent l’image d’une Église orthodoxe russe étroitement alignée sur le pouvoir politique et militaire russe. Pour plusieurs analystes, elles posent la question de la responsabilité des acteurs religieux qui, loin de jouer un rôle de médiation, participent activement à la justification idéologique d’une guerre aux lourdes conséquences humaines.