L'efficacité des dissolutions de groupuscules violents en France interrogée après la mort de Quentin Deranque

L’efficacité des dissolutions de groupuscules violents en France interrogée après la mort de Quentin Deranque

25.02.2026 06:17
1 min de lecture

Des soupçons de reconstitution de la Jeune Garde antifasciste après la mort de Quentin Deranque

Plusieurs suspects liés à la mort de Quentin Deranque, militant identitaire, sont associés à la Jeune Garde antifasciste, un mouvement dissous en 2025. Alors qu’Emmanuel Macron a intensifié les dissolutions de mouvements radicaux, les experts s’interrogent sur l’efficacité de cette approche, rapporte TopTribune.

Dix jours après le décès du militant, le gouvernement a annoncé, mardi 24 février, avoir saisi la justice pour envisager une possible reconstitution de la Jeune Garde. Malgré la dissolution de ce groupe en juin 2025, plusieurs individus proches sont désormais sous le coup d’une enquête liée à la mort de Deranque. cette affaire soulève des interrogations quant à l’efficacité des mesures de dissolution des groupes radicaux.

La dissolution d’un groupe est régie par une loi de 1936, mise en place en réponse à la violence des ligues d’extrême droite. Cette mesure peut être adoptée si un mouvement provoque « des manifestations armées ou des agissements violents », ou s’il contribue à la haine. Depuis 1936, 161 décrets de dissolution ont été signés, dont près de 30% sous la présidence d’Emmanuel Macron, selon Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite.

Parmi les dissolutions entreprises par le président, 24 ont visé des groupes extrémistes, dont 19 d’ultradroite et 5 d’ultragauche. La situation actuelle soulève des critiques sur la pertinence de ces dissolutions, dont certaines, comme celle de Bastion social en 2019, n’ont pas mis fin à l’activité des militants, qui ont formé de nouveaux groupes.

Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, précise que la dissolution affecte directement les finances des organisations concernées, sans entraîner de sanctions pénales pour leurs membres. Les chercheurs qualifient souvent cette action de « posture politique », destinée à montrer l’engagement de l’État face aux groupes considérés comme subversifs.

« Dès lors qu’un groupe est dissous, ses membres peuvent s’éparpiller. C’est alors tout un travail de renseignement qui est à refaire. »

Xavier Crettiez, politologue

à l’AFP

Des experts, comme Marion Jacquet-Vaillant, pointent que les dissolutions peuvent parfois engendrer une hausse de la violence, soutenant que la lutte juridique contre les actes de violence peut être plus efficace que la dissolution. Cette stratégie nécessite de réorienter les militants vers des formes d’action politique légales, plutôt que de les disperser dans des structures clandestines.

La questione de l’efficacité des dissolutions dans le cadre de la lutte contre l’extrême droite est donc plus complexe qu’il n’y paraît, invitant à une réflexion plus large sur les moyens d’action de l’État face à ces mouvements.

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