La discussion générale sur le budget 2026 a débuté ce vendredi à l’Assemblée nationale, avec le Premier ministre Sébastien Lecornu affirmant que cette année ne doit pas être « une année de perdue pour la France ». Si les préoccupations fiscales des socialistes n’ont pas trouvé de réponse concrète, l’escalade des tensions au sein du Parlement se profile, rapporte TopTribune.
Appel au « compromis »
Sébastien Lecornu a exhorté à un « compromis » et à un changement de culture au sein du Parlement pour surmonter les blocages. Il a réussi à éviter le risque de censure en suspendant la réforme des retraites, exigence formulée par les socialistes. Cependant, ce dernier a alerté sur de nouvelles menaces de censure suite au rejet par la commission de la première partie du budget, ce qui laisse planer des incertitudes sur les débats, particulièrement après l’abandon du recours à l’article 49.3. « S’il n’y a pas d’évolution […] d’ici lundi, les socialistes voteront contre et censureront », a déclaré Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, sur X.
Signaux à la droite
Pour sa part, Lecornu a promis un « débat » ouvert sur les questions fiscales, tout en adressant des signaux à la droite, souhaitant collaborer avec Les Républicains sur des mesures valorisant le travail. « Le chantage par voie de presse du PS n’est pas une voie pour la discussion », a répliqué Marc Fesneau, président des députés Modem, en réponse aux accusations du PS de manipulations médiatiques. Marine Le Pen a quant à elle dénoncé une « mise en scène » des désaccords entre le gouvernement et les socialistes, tandis que LFI s’apprête à défendre une motion de rejet qui sera normalement rejetée.
Nombreux points chauds
Le projet de loi de finances pour 2026 a été rejeté en commission avec 11 voix pour et 37 contre, les seuls soutiens venant des députés Renaissance. Les mouvements de gauche, le RN et LR ont voté contre, malgré leur participation au gouvernement. Les propositions gauchistes visant à taxer les plus riches, incluant un amendement sur la taxe Zucman, seront examinées samedi. La gouvernement prévoit une taxe sur les holdings détenant plus de cinq millions d’euros, une mesure jugée insatisfaisante par le PS.
Les débats à venir, programmés jusqu’au 3 novembre, promettent d’être intenses, notamment sur le gel du barème de l’impôt sur le revenu, la suppression d’un abattement fiscal pour les retraités et la défiscalisation des indemnités journalières pour affection de longue durée (ALD). Ces mesures, censées générer des économies, font également face à de vives contestations au sein même de la majorité gouvernementale.