Le vote sur la suspension de la réforme des retraites révèle des lignes de fracture au sein de l'Assemblée nationale

Le vote sur la suspension de la réforme des retraites révèle des lignes de fracture au sein de l’Assemblée nationale

12.11.2025 21:43
2 min de lecture

Le vote sur la suspension de la réforme des retraites, une mesure clé du second quinquennat d’Emmanuel Macron, a suscité des réactions divergentes le mercredi 12 novembre. Alors qu’une partie de la gauche se montrait hostile, d’autres affichaient un gouvernement contraint à l’abstention. Ce scrutin a mis en lumière une configuration politique inattendue, entre votes pour, contre et abstentions, rapporte TopTribune.

Les partisans de la suspension

Le Parti socialiste (PS), qui avait négocié avec le Premier ministre Sébastien Lecornu une non-censure en échange de concessions, a voté majoritairement en faveur de cette suspension. Jérôme Guedj, leader des socialistes, a affirmé que « des millions de nos concitoyens vont bénéficier […] de cette suspension ». Sur 69 membres présents, 67 ont voté pour.

Les écologistes ont également soutenu la suspension. François Ruffin, ancien membre de La France insoumise (LFI) maintenant au sein du Groupe écologiste et social, a déclaré : « Nous grattons ce que nous pouvons gratter maintenant pour les gens […] sans attendre l’avènement d’un grand soir ». Quatre membres du groupe se sont cependant abstenus, notamment Sandrine Rousseau, préoccupée par le financement de cette réforme.

Le Rassemblement National (RN) a voté également pour la suspension, Marine Le Pen soulignant la « constance » des positions du groupe et critiquant les « ententes et arrangements » des autres formations. De plus, dix-sept députés du groupe centriste Liot ont également exprimé leur approbation, tandis que trois se sont abstenus.

Les abstentionnistes

Le groupe Ensemble pour la République a majoritairement choisi de s’abstenir, son président Gabriel Attal évoquant une décision « avec lucidité ». Il a souligné la nécessité de ne pas entraver un compromis pour l’adoption d’un budget d’ici la fin de l’année. Sur 75 députés, 67 se sont abstenus, avec 3 pour et 5 contre.

Le MoDem a également pratiqué l’abstention, son président Marc Fesneau justifiant cette position par le souhait de ne pas contrecarrer le compromis cherché par le gouvernement.

Les opposants à la suspension

La France insoumise, ayant déjà voté contre lors de la commission, a réitéré son opposition en séance. Mathilde Panot, présidente du groupe, a affirmé : « Voter pour le décalage de la réforme des retraites, c’est voter pour la retraite à 64 ans ». Elle a rejeté le principe d’une suspension qui, selon elle, pénaliserait les retraités et les malades.

Les communistes, au départ hésitants, ont finalement voté majoritairement contre la suspension, Stéphane Peu qualifiant ce vote de « entourloupe ». De l’autre côté, le groupe Horizons a également voté contre, Frédéric Valletoux dénonçant un renoncement au nom de la stabilité.

Le groupe de Laurent Wauquiez a présenté une position moins unie, avec 25 votes contre, 8 pour et 9 abstentions. Éric Ciotti a également fait entendre sa voix contre, soutenant que la suspension aurait des conséquences néfastes sur le niveau de vie des retraités.

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