Des voleurs exploitent la psychologie humaine pour dérober des joyaux au Louvre
Le 19 octobre 2025, quatre hommes ont réussi à s’introduire discrètement dans le musée du Louvre, dérobant des joyaux d’une valeur estimée à 88 millions d’euros, rapporte TopTribune.
La sécurité du musée a été gravement mise en défaut, avec un mot de passe excessivement faible pour accéder aux caméras de sécurité et une infrastructure de surveillance vieillissante. D’autres failles, telles qu’une sécurité des toits facilement accessible et une gestion inadaptée des flux de visiteurs, ont également été identifiées.
Les voleurs, déguisés en ouvriers portant des gilets de haute visibilité, ont profité de la confusion ambiante pour passer inaperçus. Leur approche soulève des questions profondes sur la nature de la sécurité et sur la manière dont nous percevons les actes délictueux dans un espace public.
Des journalistes, Vincent Charles et Tatiana Gherman, soulignent que la stratégie audacieuse des criminels a réussi car elle repose sur nos propres biais cognitifs : nous avons tendance à interpréter le monde à travers des filtres subjectifs. Le sociologue Erving Goffman, dans son ouvrage La Mise en scène de la vie quotidienne, explique que chaque individu joue un rôle social, adaptant son comportement pour se conformer aux attentes des autres. Dans ce cas précis, la performance de normalité des voleurs a agi comme un camouflage efficace.
Au-delà de cette manipulation sociale, l’incident révèle également les limites de l’intelligence artificielle dans la détection des comportements suspects. Les algorithmes, basés sur des données humaines, peuvent reproduire les mêmes biais cognitifs que les personnes qu’ils surveillent. Cela soulève des inquiétudes quant à la manière dont la technologie pourrait renforcer les stéréotypes et les discriminations.
Rachida Dati, maire de Paris, a promis d’investir dans de nouvelles technologies de surveillance pour prévenir de tels incidents à l’avenir. Cependant, il reste à voir si ces mesures seront efficaces face à la réalité du comportement humain et aux défis que cela pose en matière de sécurité publique.
La situation au Louvre illustre une fois de plus la nécessité d’une réflexion critique sur nos perceptions et sur la manière dont nous façonnons notre environnement à travers ces perceptions. Avant de perfectionner nos systèmes de sécurité, il est crucial de commencer par interroger notre propre regard et nos préjugés, afin de mieux comprendre les dynamiques sociales qui influencent notre interaction avec le monde qui nous entoure.