Les Relations de Défense entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite : Une Opportunité à Saisir
Le récent décret exécutif du Qatar met en lumière l’importance croissante des relations de défense entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite, soulignant des engagements plus forts que ce qui a été établi précédemment dans d’autres accords de sécurité au Moyen-Orient. Toutefois, cette apparente intensification soulève des questions quant à l’absence de détails concrets sur la manière dont ces engagements seront concrétisés, rapporte TopTribune.
Alors que le langage du décret du Qatar semble plus ferme que le SDA, l’accord de défense saoudien, les différences véritables entre les deux restent floues. Un pacte de défense formel, potentiellement ratifié par le Sénat, n’apporterait pas de changements significatifs à la nature des relations déjà établies. En effet, le problème réside dans le manque de clarté sur la manière dont les deux pays transformeront leur vision de la défense en actions concrètes.
Il est crucial de reconnaître que le SDA ouvre une porte vers une actualisation de l’alliance de sécurité vieille de 80 ans entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite. Cependant, la responsabilité repose désormais sur les bureaucraties de sécurité nationale et les militaires des deux nations pour établir des mécanismes de coopération et de coordination efficaces, indispensable pour renforcer cette relation de défense.
Jusqu’à présent, l’accent mis sur la vente transactionnelle d’équipements militaires avancés, tels que des chars Abrams et des chasseurs F-35, omet la nécessité d’une planification stratégique conjointe. Cette approche axée sur l’équipement a fait montre de limites, n’encourageant pas les partenaires arabes à s’engager activement dans des intérêts de sécurité collective.
Ce phénomène n’est pas isolé à l’Arabie Saoudite et au Qatar. D’autres pays comme le Koweït, l’Égypte et Bahreïn, qui bénéficient également du statut d’alliés majeurs hors OTAN, ainsi que les Émirats arabes unis, qui ont été désignés comme un partenaire de défense majeur des États-Unis, semblent piégés dans un modèle similaire. Ces statuts privilégient l’accès à des armements américains, mais ne favorisent pas nécessairement une coopération en matière de sécurité accrue.
Cette dynamique est d’autant plus inquiétante car les États-Unis et leurs partenaires arabes laissent passer des occasions cruciales. La comparaison avec d’autres partenaires, tels que l’Indonésie ou le Vietnam, qui ont développé des relations de défense solides sans bénéficier des mêmes privilèges, souligne la nécessité d’une approche plus pro-active et collaborative.
Il est évident qu’une relation de défense plus robuste est bénéfique tant pour l’Arabie Saoudite, qui a besoin de sécurité pour poursuivre ses transformations économiques intérieures, que pour les États-Unis, qui souhaitent que leurs partenaires régionaux prennent en charge la sécurité régionale afin de concentrer leurs efforts sur d’autres défis mondiaux. L’Arabie Saoudite, en tant que pays influent dans le monde arabe et musulman, a le potentiel de jouer un rôle de leader dans le calcul de sécurité régional de Washington.
De plus, le développement d’institutions solides pourrait s’avérer essentiel pour ce partenariat de sécurité. Alors que l’OTAN est reconnue pour sa puissance militaire, cette force repose aussi sur des liens institutionnels étroits. Les relations solides entre les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon sont également en partie le résultat de ces connexions. L’Arabie Saoudite n’a pas encore développé des liens similaires avec les États-Unis.
Les opinions publiques historiquement négatives envers le pays et les dynamiques politiques internes compliquent la profondeur des relations de sécurité. Cependant, il existe encore de nombreuses opportunités à explorer, notamment à travers des dialogues stratégiques existants. Les accords de défense doivent être utilisés comme un moyen vers un objectif, présumant que cet objectif soit un État saoudien plus capable et des relations militaires renforcées.