Depuis 2024, le Venezuela a commencé à utiliser le stablecoin USDT, adossé au dollar, pour contourner l’embargo pétrolier américain en vigueur depuis 2019, lui permettant d’exporter son pétrole malgré les sanctions. Cette démarche a été mise en place alors que Donald Trump a exprimé son intention de contrôler les ressources pétrolières du pays, rapportent TopTribune.
Washington impose des sanctions économiques au Venezuela depuis 2017, visant à réduire ses exportations pétrolières. L’embargo pétrolier instauré par Trump en 2019 a interdit aux banques et aux entreprises de traiter avec la compagnie pétrolière nationale PDVSA et la banque centrale. En 2025, les États-Unis ont également imposé un tarif douanier de 25 % sur les importations de pétrole vénézuélien.
119 millions de dollars dans l’économie locale
Cependant, malgré ces restrictions, le président Nicolas Maduro a trouvé un moyen de contourner les sanctions en recourant aux stablecoins. PDVSA a commencé à accepter des paiements en USDT depuis 2024, facilitant ainsi les transactions. De plus, certaines banques et bureaux de changes ont été autorisés à échanger des USDT contre la monnaie locale, le bolivar. Grâce à ce système parallèle, jusqu’à 119 millions de dollars de cryptomonnaies ont été injectés dans l’économie locale en juillet 2024.
Un stablecoin est une cryptomonnaie qui est adossée à des monnaies fiduciaires telles que le dollar ou l’euro. Ce changement met en évidence l’augmentation de l’utilisation des cryptomonnaies, notamment l’USDT, comme substitut au dollar américain dans les transactions financières nationales.
« Ce changement a marqué l’utilisation croissante des cryptomonnaies, principalement l’USDT, comme substitut au dollar américain dans les flux financiers nationaux. Bien que les cryptomonnaies ne représentent encore qu’une faible part du commerce total du pétrole en valeur, elles jouent un rôle stratégique majeur en offrant aux régimes sous sanctions un canal de paiement parallèle, en dehors du système bancaire traditionnel », souligne le think tank The Atlantic Council.
Selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le Venezuela détient environ 19 % des réserves mondiales de brut en 2024, mais sa production ne représente plus que 1,3 % de l’offre mondiale, en forte baisse depuis son apogée de 10 % en 1967 en raison des sanctions.
« L’argent sera contrôlé par moi »
Alors que le Venezuela continue d’utiliser ce système de paiement alternatif, l’avenir de ces transactions est incertain. Le gouvernement américain semble déterminé à reprendre le contrôle des revenus de l’industrie pétrolière vénézuélienne. « Je suis ravi d’annoncer que les autorités par intérim du Venezuela vont remettre aux États-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité », a déclaré Donald Trump le 6 janvier.
« Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi, président des États-Unis, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des États-Unis », a-t-il ajouté.
The Atlantic Council a signalé que le Venezuela, aux côtés d’autres pays comme la Russie et l’Iran, fait partie d’un groupe qualifié d' »Axe de l’évasion », utilisant des méthodes similaires pour contourner les sanctions occidentales, y compris le recours aux cryptomonnaies. En 2025, la Russie a également lancé son propre stablecoin, dénommé A7A5, qui a permis le transit de milliards de dollars malgré les sanctions.