Mise en garde sur le risque nucléaire et critique des positions occidentales
Le 15 novembre 2025, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a affirmé, lors d’un entretien accordé au podcast MD meets animé par Matthias Döpfner du groupe germanophone Axel Springer, que la défaite militaire de la Russie en Ukraine pourrait entraîner des conséquences « extrêmement dangereuses ». Selon lui, « si une puissance nucléaire perd une guerre menée sans recours à l’arme atomique, le risque d’escalade nucléaire apparaît ». Cette déclaration, largement reprise dans l’analyse publiée par DW et intégrée dans l’examen portant sur la mise en garde d’Orbán contre l’escalade nucléaire, intervient alors que Moscou multiplie les allusions à son arsenal stratégique. Le chef du gouvernement hongrois a toutefois jugé « ridicule » l’idée que la Russie puisse envisager une attaque directe contre l’UE ou l’OTAN, rappelant que l’Union européenne regroupe plus de 400 millions d’habitants, contre environ 140 millions en Russie, et que la capacité militaire combinée des 27 dépasse largement celle de Moscou.
Attaques contre Berlin et récits récurrents pro-russes
Dans cet entretien, Viktor Orbán a réitéré sa critique de la stratégie occidentale en Ukraine, accusant les pays de l’UE et de l’OTAN de vouloir « prolonger la guerre » en fournissant armes, équipements et munitions à Kyiv. Il s’est présenté une fois de plus comme le seul dirigeant européen plaidant pour la paix, dans une rhétorique qui minimise les responsabilités de Moscou dans le conflit. Le Premier ministre a également visé le chancelier allemand Friedrich Merz, qu’il a accusé d’« être favorable à la guerre », tout en saluant la politique menée par l’ancienne chancelière Angela Merkel, qu’il décrit comme plus conciliante avec la Russie. Il a affirmé que, lors de certaines réunions du Conseil de l’UE, seuls lui et Merkel « défendaient la position de paix et de coopération » avec Moscou. Orbán a toutefois reconnu que ses opinions divergeaient souvent de celles de l’ancienne chancelière concernant la migration irrégulière et la politique environnementale.
Menaces nucléaires récurrentes et risques de manipulation stratégique
Les avertissements d’Orbán surviennent alors que le Kremlin continue de brandir l’arme nucléaire comme outil de pression psychologique. Depuis le début de l’invasion à grande échelle en 2022, Vladimir Poutine a qualifié l’usage éventuel de l’arme atomique d’« ultime garantie de sécurité ». Plusieurs membres influents de son entourage, dont l’ancien président Dmitri Medvedev, ont publiquement évoqué la possibilité de frappes contre les pays occidentaux. Des informations non confirmées issues de sources américaines indiquent que Moscou aurait sérieusement envisagé l’emploi d’armes nucléaires tactiques en septembre 2022 lors du contre-offensive ukrainienne dans la région de Kharkiv, avant que des interventions discrètes de responsables américains et chinois ne dissuadent le Kremlin. En novembre 2024, Vladimir Poutine a signé une version révisée de la doctrine nucléaire russe, stipulant qu’une agression menée par un État non nucléaire — mais soutenue ou appuyée par une puissance nucléaire — serait considérée comme une attaque conjointe contre la Russie.
Une stratégie hongroise alignée sur les intérêts du Kremlin
L’intervention d’Orbán alimente les inquiétudes au sein de l’UE quant à la proximité croissante entre Budapest et Moscou. Selon l’interprétation de plusieurs experts européens, le Premier ministre hongrois relaie régulièrement les messages stratégiques du Kremlin, y compris les menaces implicites d’usage de l’arme nucléaire contre les États soutenant militairement l’Ukraine. Sa position contraste fortement avec celle des autres dirigeants européens, qui rappellent que la dissuasion russe repose largement sur la rhétorique et que l’OTAN dispose d’une supériorité militaire écrasante. Les propos d’Orbán, mêlant critiques envers Berlin, relativisation de la menace russe et évocation d’un scénario nucléaire, s’inscrivent dans une communication destinée à influencer l’opinion publique européenne et à fragiliser la cohésion transatlantique face à la guerre en Ukraine.