Le Parlement européen se défend dans l’affaire des assistants du RN au tribunal
Le 15 janvier 2026, Didier Klethi, directeur général des finances au Parlement européen, a témoigné devant la cour d’appel de Paris pour défendre le fonctionnement de l’institution face aux accusations portées par le Rassemblement national (RN) concernant des détournements de fonds, rapporte TopTribune.
Lors de son intervention, Klethi a expliqué les règles visant à encadrer l’embauche des assistants parlementaires, affirmant que le Parlement ne doit pas être considéré comme un financeur du militantisme. « Le Parlement est la victime d’un système », a-t-il déclaré, en précisant qu’il était « parfaitement interdit » d’utiliser les fonds alloués aux eurodéputés pour le financement du parti.
Le RN, qui a changé de nom en 2018, fait l’objet d’une enquête concernant l’utilisation de fonds de l’Union européenne, qui s’élevaient à 21 000 euros par député et seraient destinés à rétribuer des aides parlementaires pour des tâches non conformes à leurs missions. Marine Le Pen et plusieurs élus du RN ont été condamnés en mars 2025 et ont interjeté appel. Ce procès actuel, qui dure cinq semaines, est crucial pour l’avenir politique de la dirigeante du parti.
Klethi a précisé que bien que le militantisme soit autorisé, un assistant ne doit pas exercer des activités partisanes durant ses heures de travail. Il a illustré son discours en comparant la situation à celle d’un employé d’entreprise qui ne peut travailler pour une autre société lorsqu’il est sous contrat.
La présidente de la cour a également interrogé Klethi sur la clarté des missions des assistants. Le directeur général a répondu que chaque député est responsable de définir les besoins de son poste et d’embaucher des assistants en conséquence. Il a reconnu qu’il aurait pu exiger davantage de preuves de l’usage des fonds, mais a noté l’impossibilité matérielle de contrôler chacune des activités de tous les assistants parlementaires.
Face à ces témoignages, Marine Le Pen, observant attentivement l’audience, a noté que le Parlement, selon elle, « n’a pas joué son rôle d’alerte tel qu’il aurait dû. » Pour sa défense, son avocate a tenté de prouver que les règles de l’institution étaient floues, ce qui aurait pu contribuer aux erreurs dans la gestion des assistants par le RN. Cette ligne de défense sera approfondie lors des prochains interrogatoires de Le Pen.