Le nombre de loups en France demeure relativement stable en 2025 selon les autorités, mais cette annonce n’arrête pas la colère des éleveurs qui demandent une augmentation des quotas d’abattage. Face à ce qu’ils qualifient de « multiplication » des attaques de leurs troupeaux, les éleveurs exigent plus de flexibilité dans la régulation des populations de ces prédateurs, rapporte TopTribune.
La population de loups « s’établit désormais (avec un intervalle de confiance à 95 %) entre 989 et 1.187 individus, pour un effectif moyen estimé à 1.082 loups ». Cela représente une augmentation de 69 animaux par rapport à l’année précédente, selon l’annonce faite vendredi par la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, chargée de surveiller cette question.
Les éleveurs de bétail estiment que l’État sous-estime la réalité de la population lupine et réclament une augmentation du quota d’abattage annuel, qui est actuellement fixé à 19 % de la population estimée. Le gouvernement français prévoit pour 2026 un assouplissement de sa politique de régulation, permettant aux éleveurs d’ovins et de caprins d’abattre ces prédateurs sans autorisation préalable dans les zones les plus exposées, mais uniquement en cas d’attaque sur leurs troupeaux.
Réglementation simplifiée en 2026
Cependant, cette mesure n’a pas apaisé la colère des éleveurs. Ils dénoncent le maintien du quota de 19 %. Les syndicats Jeunes Agriculteurs et la FNSEA ont critiqué la semaine dernière un « texte creux » du gouvernement qui, selon eux, « ne garantit pas une protection effective des troupeaux ». « Les dispositifs proposés, trop timides et excessivement technocratiques, démontrent un refus persistant d’affronter la réalité du terrain : les attaques se multiplient, les pertes s’aggravent, les éleveurs continuent d’en porter seuls les conséquences », ont fustigé les syndicats.
A compter de 2026, la réglementation nationale allègera les conditions relatives aux « tirs de défense » dans les zones les plus vulnérables où les attaques sont fréquentes. Ainsi, la préfecture a annoncé la suppression des « autorisations dérogatoires » au profit d’un système déclaratif. Dès lors, un éleveur, ou un chasseur mandaté par lui, pourra tuer un loup qui attaque son troupeau d’ovins ou caprins sans l’autorisation préalable requise jusqu’à présent, à condition de déclarer ce tir à la préfecture. Il est important de souligner que seuls les tirs en cas d’attaque resteront légaux. En dehors de ces circonstances, tout acte visant à tuer un loup demeure passible de trois ans de prison et d’une amende pouvant atteindre 150.000 euros.
En revanche, six organisations de protection de la nature se sont opposées à ces mesures, accusant l’État d’autoriser une forme d’« ouverture de la chasse aux loups » et d’accorder « la possibilité de destruction tous azimuts ». Selon ces groupes, la gestion actuelle des populations de loups est inacceptable et ne respecte pas les obligations environnementales de la France.
Alors que les tensions persistent entre les éleveurs et les défenseurs de l’environnement, la situation des loups en France demeure un sujet de débat passionné. Les éleveurs insistent sur la nécessité de renforcer les mesures de protection, alors que les organisations de conservation soulignent l’importance de préserver cet animal devenu un symbole de la biodiversité. À l’approche de 2026, il sera crucial de surveiller comment ces changements de réglementation influenceront les populations de loups et les relations entre les acteurs du secteur agricole et ceux de la protection de la nature.