Des doutes émergent au sein du MoDem et de Renaissance quant à la capacité de Sébastien Lecornu à éviter la censure, à la suite des premières déclarations du Premier ministre délivrées vendredi. Ce climat incertain, notamment dans le cadre d’une éventuelle alliance avec le Parti socialiste, laisse de nombreux responsables sceptiques, rapporte TopTribune.
Les observations d’un dirigeant du MoDem soulignent une volonté de tactique prudente : « Si vous dites ‘je vais faire un accord avec le Parti socialiste’, vous êtes mort direct. Les responsables socialistes affirment qu’ils ne veulent ni dissolution, ni accord avec ce gouvernement. »
Pour une plus grande « justice sociale »
Au MoDem, lors de son université d’été organisée à L’Isle-sur-la-Sorgue ce week-end, la volonté de promouvoir une plus grande « justice fiscale » reste intacte. Marc Fesneau, président des députés centristes, prévient que dans ce contexte de rupture, « il faut ouvrir des portes et non les fermer ». Il rappelle que le groupe déposera des propositions, notamment celle d’un « impôt sur la fortune improductive », s’appuyant sur les déclarations de Lecornu, qui a précisé qu’il se remettrait au Parlement pour élaborer le budget.
Cependant, la méthode proposée suscite des doutes. Un responsable a exprimé son scepticisme à l’égard de Lecornu, notant : « On a l’impression qu’il resserre beaucoup, et exactamente envers le camp du PS dont nous avons théoriquement besoin. »
L’hypothèse d’une nouvelle dissolution
La position de François Bayrou, ancien Premier ministre, reste attendue alors qu’il s’exprimera dimanche lors de la clôture de l’événement. Pour l’instant, il s’est contenté de réitérer son soutien : « On est là pour aider. Le jour où il y aura un gouvernement, on l’aidera de toutes nos forces. » Renversé par un vote de confiance début septembre, Bayrou ne semble pas alimenter de rancœurs à l’égard de son successeur malgré les tensions précédentes au moment de la passation de pouvoirs. Un climat d’incertitude plane au MoDem, notamment concernant une éventuelle dissolution de l’Assemblée, thème abordé lors du dernier Conseil national du parti.
L’avertissement d’Attal
Au sein de Renaissance, malgré le soutien affiché à Sébastien Lecornu, l’étonnement prédomine suite à ses récentes déclarations. Une source interne commente l’interview du Premier ministre : « Il a une parole rare, c’est très bien. Il s’exprime, donc on s’imagine que c’est pour annoncer une concession. Et au lieu de ça, il ferme toutes les portes. »
Gabriel Attal, leader de Renaissance, a réaffirmé le soutien au compromis proposé par Lecornu, tout en insistant sur la nécessité d’adopter une nouvelle méthode par le biais de la nomination d’un « négociateur » pour établir un accord avec les partis avant de confirmer le poste de Premier ministre. Attal a également mis en garde contre une éventuelle tentative de neutralité vis-à-vis du Rassemblement national, affirmant qu’il est crucial de parvenir à un accord avec le Parti socialiste, tout en écartant d’autres compromis comme étant « ni souhaitables, ni possibles ».