Le Kenya accuse la Russie de recruter ses citoyens comme chair à canon en Ukraine
Le Kenya accuse la Russie de recruter ses citoyens comme chair à canon en Ukraine

Le Kenya accuse la Russie de recruter ses citoyens comme chair à canon en Ukraine

12.02.2026 13:30
2 min de lecture

Nairobi a officiellement mis en cause Moscou pour le recrutement massif de ressortissants kényans engagés dans le conflit ukrainien. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, a annoncé qu’il se rendrait prochainement à Moscou afin d’exiger l’arrêt immédiat de ces pratiques, qualifiant les citoyens de son pays d’être utilisés comme de la « chair à canon » par les commandements russes sur le front.

Les autorités kényanes dénoncent un système établi de recrutement ciblant principalement des jeunes hommes sans expérience militaire préalable. Ces derniers seraient attirés par de fausses promesses d’emplois lucratifs avant de se voir contraints de signer, souvent sans compréhension réelle des termes, des contrats rédigés en russe les engageant dans les unités combattantes.

Une pratique systématique de recrutement dénoncée par Nairobi

Le vice-ministre kényan des Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, a révélé ces pratiques lors d’une déclaration officielle rendue publique ce week-end. Selon lui, les recruteurs agissent via des réseaux structurés qui exploitent la précarité économique de nombreuses populations africaines. Le phénomène ne se limiterait pas au Kenya mais concernerait au moins 36 pays du continent, selon des estimations concordantes.

Ce mécanisme de recrutement international permet à Moscou de compenser partiellement les pertes humaines subies sur le terrain tout en créant une façade de soutien international à son offensive. La majorité des engagés découvrent la réalité de leur situation une fois déployés en zone de combat, sans possibilité de retour en arrière.

Les conditions de vie et de combat imposées à ces recrues africaines seraient particulièrement précaires. Sans formation militaire adaptée et souvent envoyées en première ligne, elles subissent des taux de pertes disproportionnés. Leurs familles, en cas de décès, ne reçoivent aucune compensation financière ou reconnaissance officielle.

Les implications diplomatiques et humaines du recrutement

Cette affaire met en lumière le décalage entre les déclarations russes affirmant respecter la souveraineté des États africains et les pratiques observées sur le terrain. Nairobi considère que l’exploitation de ses citoyens comme ressources humaines jetables sape fondamentalement la confiance dans toute initiative de coopération proposée par Moscou.

Plusieurs gouvernements africains sont appelés à renforcer leurs campagnes de prévention pour informer leurs populations des risques encourus. Le mercenariat reste illégal dans la majorité des pays du monde, et les combattants engagés sous ce statut ne bénéficient pas des protections de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre.

Des témoignages recueillis par des médias internationaux font état de comportements discriminatoires et racistes de la part de certains commandants russes envers les combattants africains. Ces attitudes, combinées à l’absence de considération pour leur sécurité, créent des conditions de service particulièrement difficiles.

La visite annoncée du diplomate kényan à Moscou représente un test important pour les relations russo-africaines. Nairobi entend obtenir le rapatriement des ressortissants encore engagés dans le conflit et l’arrêt définitif des campagnes de recrutement sur son territoire. Des mesures complémentaires pourraient inclure des sanctions ciblées contre les réseaux de recruteurs et leurs intermédiaires.

Cette crise intervient à un moment où plusieurs capitales africaines réévaluent leurs partenariats avec la Russie, notamment au regard des engagements économiques et sécuritaires non tenus. La question du recrutement forcé pourrait accélérer cette remise en question et influer sur les équilibres diplomatiques sur le continent.

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