La menace de dissolution du gouvernement français refait surface. Le vendredi 9 janvier 2026, Sébastien Lecornu a mandaté le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour préparer l’organisation d’éventuelles élections législatives, potentiellement programmées les 15 et 22 mars, en même temps que les élections municipales, rapporte TopTribune.
L’objectif est d’exercer une pression accrue sur les députés, qui peinent à trouver un consensus sur le budget 2026.
Deux motions de censure
Le risque d’une censure du gouvernement, menaçé par le Rassemblement national et La France insoumise, pourrait entraîner une dissolution, selon des sources officielles. Le président et le Premier ministre partageraient ce point de vue.
Le Premier ministre cherche à réduire le risque d’adoption de ces motions de censure, qui seront examinées mardi et mercredi prochains.
Sébastien Lecornu a vivement critiqué ces partis politiques sur le réseau social X, dénonçant leur « posture cynique » qui retarde les discussions budgétaires et alors que la France a voté « contre » l’accord commercial de l’Union européenne avec le Mercosur.
Il a souligné que les discussions sur le budget 2026 sont déjà enlisées à cause des mêmes partis, à un an des élections présidentielles, tandis que le gouvernement s’est engagé à présenter un budget en janvier.
« Pas une menace »
Le lancement de préparatifs pour des élections anticipées est décrit par des sources gouvernementales comme « n’étant pas une menace », mais sert à intensifier la pression sur les élus en quête d’un budget. L’exécutif estime que ces partis n’ont aucun intérêt à des élections anticipées, rendant probable leur réticence à censurer le gouvernement.
Nous n’avons pas peur de l’élection.
Jean-Luc Mélenchon, à Villeurbanne, a réagi en déclarant : « Si le Premier ministre croit qu’il nous menace, il se trompe. Pour nous, le vote populaire n’est pas une menace ».
Le budget de l’État pour 2026 n’a pas pu être voté avant le 31 décembre, ce qui a conduit le Parlement à adopter une loi spéciale pour maintenir la continuité des actions de l’État.
Jeudi, les députés ont repris l’examen du texte en commission des Finances, où la partie recettes a été largement rejetée, laissant peu d’espoir pour un consensus lors des sessions à venir.
Collectivités locales
En parallèle, le gouvernement prévoit d’engager des discussions sur le budget des collectivités locales, crucial à quelques semaines des élections municipales.
Sébastien Lecornu a reçu jeudi des représentants de la droite et du centre au Sénat pour aborder ce sujet. Toutefois, si le budget semble peu propice à un vote, le Premier ministre devra décider d’une issue possible : recourir à l’article 49.3 de la Constitution ou utiliser des ordonnances, permettant à l’exécutif de prendre des mesures sans l’approbation du Parlement.
Aucune décision n’a encore été prise, dépendant du contenu du texte. Pourtant, Lecornu a promis aux socialistes de ne pas recourir au 49.3, considéré comme une méthode coercitive, mais réclamée par plusieurs responsables politiques pour sortir de la crise budgétaire.
Le Parlement a réussi à voter le budget de la Sécurité sociale à la mi-décembre, en partie grâce à la suspension de la réforme des retraites, un geste en direction des socialistes.
Pour répondre à une crise agricole qui complique ces discussions, le gouvernement a annoncé vendredi une série de mesures « de justice agricole », sans toutefois céder sur les principales revendications des syndicats.
Source : AFP.