Le Creuset épinglé pour des rejets de cadmium au-dessus des normes dans l'Aisne

Le Creuset épinglé pour des rejets de cadmium au-dessus des normes dans l’Aisne

02.04.2026 15:16
2 min de lecture

Le fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset a été critiqué par les autorités pour des rejets de cadmium. Ce métal cancérigène a été détecté à des niveaux dépassant les normes l’an dernier dans les eaux usées de son usine historique située dans l’Aisne, rapporte TopTribune.

La préfecture de l’Aisne a souligné que la teneur maximale en cadmium dans les eaux rejetées après traitement via la station d’épuration industrielle de la fonderie à Fresnoy-le-Grand a été dépassée « sept fois, de février 2025 à octobre 2025 ». En septembre 2025, l’un de ces dépassements a atteint « deux fois la limite autorisée ». Ce constat a amené les autorités à prendre des mesures d’urgence pour la première fois concernant cette usine.

Un porte-parole de la préfecture a déclaré que l’exploitant de l’usine avait collaboré immédiatement avec les services de l’État après une inspection administrative du site fin 2025 et qu’il avait « s’est attaché à répondre aux prescriptions imposées ». En dépit de ces révélations, la production de l’usine n’a pas été suspendue. Le Creuset a cessé le déversement de poussières fines dans sa station d’épuration et a interrompu les « transferts problématiques ».

« Pas en contact avec les aliments »

Un plan de traçabilité des poussières fines a été mis en place par l’entreprise depuis janvier dernier. De plus, des mesures d’autosurveillance et des « contrôles inopinés » sont prévus pour cette année, afin d’analyser si les dépassements observés en 2025 étaient dus à ces déversements de poussières ou à des problèmes structurels plus larges.

Dans un communiqué, Le Creuset a déclaré qu’il utilise « exclusivement » le cadmium dans les pigments de l’émail extérieur de certains de ses produits, en raison de la capacité de ce métal à maintenir leur éclat même à des températures très élevées. La société a précisé que le cadmium est encapsulé dans la structure vitreuse de l’émail extérieur et « n’entre pas en contact avec les aliments, l’émail intérieur ayant une composition différente ».

Les Français surexposés au cadmium

En outre, Le Creuset a affirmé que les boues issues du traitement des eaux industrielles du site de Fresnoy-le-Grand « n’ont jamais fait l’objet d’épandage » sur des terres agricoles, car elles sont traitées « systématiquement » par des prestataires spécialisés agréés.

Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publié fin mars 2025 indique qu’environ la moitié de la population française présente des expositions au cadmium supérieures aux valeurs sanitaires de référence. L’alimentation constitue la principale source d’exposition à ce métal, en raison de la contamination des sols agricoles, des fertilisants, des effluents d’élevage et des boues des stations d’épuration.

Face à ces préoccupations croissantes, des débats sur la nécessité d’une régulation plus stricte des rejets industriels ont émergé. La population de Fresnoy-le-Grand et ses environs s’inquiète de l’impact potentiel de ces rejets sur la santé publique et l’environnement. Le contexte actuel demande une vigilance accrue et des mesures de surveillance rigoureuses pour garantir la sécurité alimentaire et environnementale des citoyens.

Les autorités locales ont appelé à des contrôles plus fréquents et à une transparence accrue de la part des entreprises concernant leurs pratiques. Les citoyens souhaitent également être informés des résultats de ces inspections et des mesures prises pour éviter de futurs dépassements des normes de pollution.

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