Le CIO envisage un retour controversé des athlètes russes aux compétitions internationales
Le CIO envisage un retour controversé des athlètes russes aux compétitions internationales

Le CIO envisage un retour controversé des athlètes russes aux compétitions internationales

09.02.2026 11:35
2 min de lecture

Le CIO ouvre la porte au retour de la Russie malgré la guerre en Ukraine

Lors d’une réunion de deux jours à Milan les 6 et 7 février 2026, le Comité International Olympique a exprimé sa volonté de réintégrer les athlètes russes dans les compétitions internationales. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, a déclaré que « notre jeu, c’est le sport » et que « le sport doit rester une arène neutre ». Cette position intervient alors que la guerre d’agression russe contre l’Ukraine entre dans sa quatrième année, sans perspective de résolution diplomatique.

Cette évolution marque un revirement significatif dans la politique du CIO. En février 2022, suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’organisation avait recommandé à toutes les fédérations internationales d’exclure les sportifs russes et biélorusses, d’interdire les événements en Russie et de retirer les représentants russes de leurs instances dirigeantes. Aux Jeux Olympiques d’été de 2024, la majorité des fédérations avaient refusé d’admettre les Russes, même sous statut neutre.

Le contexte historique complique davantage la situation. La Russie traîne une réputation entachée par les scandales de dopage institutionnalisés, démontrés par les enquêtes de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA). L’équipe russe d’athlétisme avait été bannie des Jeux de 2016, et le pays participe depuis lors sous bannière neutre. Le New York Times révèle que cette nouvelle ouverture divise profondément le monde sportif international.

Un lobbying actif et des divisions au sein des fédérations

Plusieurs facteurs expliquent ce changement de position. Un lobbying intense de la part de la Russie rencontre un écho favorable auprès de certains dirigeants sportifs. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a publiquement appelé à lever l’interdiction frappant la Russie, une déclaration immédiatement saluée par le Kremlin. De leur côté, les fédérations internationales de judo et de taekwondo ont déjà autorisé les jeunes athlètes russes et biélorusses à concourir, leur ouvrant la voie vers les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar à l’été 2026.

Johann Eliasch, président de la Fédération Internationale de Ski, a plaidé pour l’établissement de principes « garantissant que la Russie ne soit pas injustement ciblée par les critiques, compte tenu du nombre d’autres conflits dans le monde ». Cette argumentation, qui compare la guerre en Ukraine à d’autres conflits, suscite de vives objections de la part des pays soutenant l’Ukraine.

Les risques d’une réintégration prématurée

Les critiques soulignent que toute discussion sur un retour de la Russie est prématurée tant que son agression militaire se poursuit. Le régime de Moscou ne montre aucun signe de désescalade et maintient une position non constructive dans d’éventuels pourparlers. L’admission de ses athlètes serait immanquablement instrumentalisée par la propagande du Kremlin pour afficher une prétendue sortie d’isolement et nourrir le récit d’une exclusion injuste.

Un point de friction majeur concerne le Comité Olympique National russe (ROC). Celui-ci a été suspendu pour violation de la Charte Olympique après avoir intégré les comités olympiques des territoires ukrainiens temporairement occupés (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson). Le relâchement des sanctions pourrait, selon les observateurs, conduire à la réhabilitation d’une entité qui bafoue le droit international.

Face à ces risques, les partisans d’une ligne dure estiment que la responsabilité finale incombe aux fédérations nationales. Celles-ci doivent maintenir leurs propres interdictions pour empêcher un retour en grâce des sportifs russes sur la scène internationale. La balle est désormais dans le camp des instances sportives des pays démocratiques, qui devront trancher entre réalpolitik sportive et principes.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER