Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient
Le Premier ministre canadien Mark Carney a récemment sous-estimé l’importance des discussions commerciales avec le président américain Donald Trump, affirmant que c’était un « détail ». Cette déclaration, prononcée lors d’un week-end, a provoqué des critiques. Carney a ensuite qualifié ses propos de « mauvais choix de mots concernant un sujet sérieux ». Les enjeux sont en effet cruciaux pour le Canada, touchant à sa souveraineté, sa sécurité économique et sa stratégie géopolitique, rapporte TopTribune.
Dès la semaine suivante, Carney, confronté à cette controverse, a dû faire face à un nouvel avertissement de Trump, qui a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % sur les produits canadiens. Cette tension a surgi après qu’une publicité diffusée dans les médias américains a cité l’ancien président Ronald Reagan, affirmant que les tarifs « nuisent à tous les Américains », ce qui a furieusement irrité Trump. Bien que Carney ait par la suite présenté ses excuses, la menace de droits de douane reste omniprésente.
La situation actuelle rappelle les défis persistants auxquels Carney et le Canada sont confrontés. L’année dernière, alors que Trump se préparait à un retour au pouvoir, il avait évoqué l’idée que le Canada devait devenir le « 51e État ». Étant donné que le Canada exporte plus de 75 % de ses biens vers les États-Unis, les tarifs représentent une menace aiguë pour l’économie canadienne, où le commerce constitue les deux tiers du PIB.
Carney, en fonction depuis mars, cherche à réduire ou à éliminer les droits de douane américains avant la renégociation prévue de l’USMCA l’année prochaine. Toutefois, cette tâche s’avère ardue. Le Premier ministre se rend aux États-Unis la semaine prochaine pour le tirage au sort de la Coupe du monde de la FIFA, et bien qu’il ait prévu de rencontrer Trump, il admet que les discussions commerciales n’ont pas encore repris.
Face à l’érosion des perspectives de négociation avec Trump, Carney adopte des mesures pour soutenir les secteurs économiques essentiels et renforce les liens commerciaux avec d’autres pays, même ceux avec lesquels le Canada avait récemment eu des tensions diplomatiques. L’un des exemples notables est le redémarrage des discussions commerciales avec l’Inde, visant à doubler le commerce bilatéral à 50 milliards de dollars d’ici 2030. Ce changement radical fait suite à de vives accusations entre les deux pays relatives à un assassinat sur le sol canadien, qui avait mené à l’expulsion des diplomates de part et d’autre.
De plus, Carney a rencontré le leader chinois Xi Jinping le mois dernier, marquant le premier contact de haut niveau entre les deux nations en huit ans, afin de « résoudre les problèmes commerciaux en suspens ». Cette rencontre fait suite à des tensions antérieures provoquées par l’arrestation au Canada d’une dirigeante de Huawei.
Dans ce contexte, le Canada se doit de diversifier ses commerce afin de faire face aux menaces sans précédent posées par l’administration Trump. Cependant, cette diversification a ses limites à court et moyen terme, et Ottawa doit déterminer ses lignes rouges en matière de relations commerciales.
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré que ce changement dans les relations avec l’Inde représentait « une approche totalement nouvelle de la politique étrangère », faisant allusion aux conséquences des politiques de Trump sur le libre-échange. Une politique qui, selon Carney, semble désormais dépassée.
Il semble ainsi que le Canada entre dans une ère de « realpolitik », moins axée sur les principes mais davantage sur la prospérité nationale. Après tout, comme le dit le dicton, on ne peut pas manger ses principes.