Le budget 2026 soumis à l'Assemblée : un vote jugé impossible avant le 19 janvier

Le budget 2026 soumis à l’Assemblée : un vote jugé impossible avant le 19 janvier

08.01.2026 06:16
3 min de lecture

Le début de l’année politique 2026 s’annonce comme un écho de 2025. Les services publics continuent de fonctionner grâce à l’adoption en urgence d’une loi spéciale, similaire à celle de l’année précédente, mais la quête d’un nouveau budget approuvé par les députés représente un obstacle majeur pour le gouvernement. Ce texte, dans sa version adoptée par le Sénat, est examiné en deuxième lecture par la commission des finances de l’Assemblée nationale ce jeudi 8 janvier 2026, dans un contexte particulièrement difficile. Le vote est prévu pour le 19 janvier… si un vote a bien lieu, rapporte TopTribune.

Une réunion de mauvaise augure

Les premiers échanges politiques officiels ont eu lieu ce mardi, après une trêve durant les fêtes, et ont établi le ton des négociations.

Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, et Roland Lescure, ministre de l’Économie, ont invité toutes les forces politiques, à l’exception du Rassemblement national et de La France insoumise, qu’ils traitent sur un pied d’égalité. Selon le ministère, les groupes parlementaires invités sont ceux qui ont « exprimé la volonté, en responsabilité, de sortir la France de l’impasse budgétaire ». L’objectif est donc d’essayer de trouver un compromis, en particulier entre le PS et LR.

Cependant, le groupe écologiste ne s’est pas présenté à la réunion, tout comme les communistes, ce qui constitue un signal inquiétant. Un double absence ne présage rien de bon.

Malgré une réunion de quatre heures jugée « très constructive » par Bercy, l’impasse semble perdurer. Les Verts et le PC devraient voter contre, et le Parti socialiste a annoncé qu’il s’abstiendrait au mieux. Cela ne suffira pas à assurer une majorité.

Ce qu’écologistes et communistes reprochent

Le groupe écologiste a déclaré dans un communiqué qu’il regrettait l’absence d’un nouveau budget présenté, alors que les députés examineront la version adoptée au Sénat, ce qui « limite fortement la capacité d’amendement du Parlement ».

Le gouvernement refuse de reconnaître l’ampleur du désaccord exprimé en décembre. Il préfère réduire le débat plutôt que l’élargir.

Groupe écologiste à l’Assemblée

Alors que les députés écologistes ont pu s’abstenir sur le budget de la Sécu, permettant son adoption, cela paraît peu probable pour le budget de la nation. « Les impacts de ce budget sur les services publics sont catastrophiques : transition écologique négligée, école affaiblie, collectivités privées de marge de manœuvre, diplomatie et aide publique au développement en recul », déclarent les parlementaires.

Ces tensions s’expliquent également par l’importance du vote sur le budget en parlementarisme, qui permet de trancher la question : êtes-vous dans l’opposition ? Pour les écologistes et les communistes, la réponse est claire.

Stéphane Peu, président du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine), a souligné qu’il ne souhaite pas « créer l’illusion d’une moindre espérance de voir notre groupe s’abstenir ou voter en faveur de ce budget », lors d’une conférence de presse.

Quelles solutions pour Sébastien Lecornu ?

Les propositions à Matignon pour Sébastien Lecornu, défenseur d’une nouvelle méthode fondée sur le dialogue, demeurent limitées.

Le Gouvernement demeure pleinement disponible pour échanger avec l’ensemble des groupes parlementaires, s’est proposé de venir en commission pour poursuivre le travail et accompagner la construction d’un compromis permettant à la France de disposer rapidement d’un budget.

Bercy

Cette approche vise à maintenir la porte ouverte au débat. L’objectif a été rappelé avec insistance par Roland Lescure, cherchant à mettre fin à la situation où l’État doit garantir ses finances via une loi spéciale.

Le budget 2025 s’est clôturé sur un déficit atteignant 5,3 % du PIB, et avec cette loi spéciale, « nous sommes plutôt à 5,4 % du PIB, voire un peu plus. J’ai déclaré au Sénat et je le répète aujourd’hui : c’est inacceptable », a-t-il affirmé.

En coulisses, le recours au 49.3 se profile. La même stratégie qu’il y a un an par François Bayrou. Il reste à éviter la censure : cela nécessiterait le soutien tacite des socialistes, lui promettant des concessions dans le budget. Les sujets de discussion sont nombreux et les divergences profondes.

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