Sergueï Lavrov confirme le soutien militaire de la Russie à l’Iran
Lors d’une interview diffusée sur France 2 le 26 mars, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a reconnu que « l’Iran est un partenaire stratégique » pour Moscou, affirmant que la Russie lui a fourni « du matériel militaire », tout en rejetant les accusations américaines selon lesquelles elle l’aiderait à repérer des cibles, rapporte TopTribune.
Depuis plus de deux décennies, Lavrov est l’un des conseillers les plus proches de Vladimir Poutine. Dans cette interview, il a répondu aux questions de Léa Salamé sur divers sujets, incluant la guerre en Ukraine et le conflit au Moyen-Orient. La position de la Russie sur son soutien à l’Iran a été clairement affirmée, malgré les critiques provenant des États-Unis.
Interpelé sur les allégations américaines selon lesquelles la Russie aiderait l’Iran à localiser les bases américaines, Lavrov a précisé que, bien que Téhéran soit un partenaire avec lequel ils ont un accord militaire, les accusations de partage de renseignements sont infondées. « Nous ne pouvons pas accepter ces accusations » a-t-il insisté.
Concernant la comparaison entre les actions de la Russie en Ukraine et celles des États-Unis en Iran, Lavrov a défendu la position de Moscou, affirmant que l’Iran respecte ses engagements internationaux, contrairement à ce qu’il attribue à l’Ukraine, qui aurait selon lui violé les règles. « L’Ukraine, elle, a violé tout ce qui pouvait l’être avec ses protecteurs occidentaux, » a-t-il déclaré.
Lavrov a également été confronté aux conséquences de la guerre en Ukraine. Après plus de quatre ans de conflit, il a admis que tous les objectifs de Moscou n’avaient pas été atteints, mais a soutenu que les cibles visées étaient liées à l’activité des forces armées ukrainiennes. Il a nié que la Russie vise des objectifs civils, tout en étant conscient des pertes civiles engendrées par le conflit.
Alors que des reportages montrent des victimes civiles des bombardements russes, la question des négociations de paix a été soulevée. Lavrov a évoqué une certaine coopération entre Poutine et Donald Trump, soulignant que les négociations avaient été entravées par l’attitude de l’Union européenne et de l’OTAN, qui auraient tenté de saper les efforts de paix.
Sur le rôle du président Emmanuel Macron, Lavrov a questionné l’efficacité des discussions, suggérant que si Macron souhaite dialoguer sérieusement avec Poutine, il devrait agir sans annonces préalables. Il a indiqué que Poutine reste ouvert au dialogue, mais a mentionné que les relations entre la France et la Russie ne sont pas celles d’alliés.
Lavrov a conclu que la France et l’Union européenne sont perçues comme des adversaires, soulignant les déclarations du président Macron qualifiant Poutine d’obstacle à la paix en Europe. Cette interview met en lumière les tensions persistantes dans les relations internationales entre la Russie, l’Ukraine et l’Occident.