Laurent Nuñez classe La France insoumise à l'extrême gauche : implications de cette décision controversée

Laurent Nuñez classe La France insoumise à l’extrême gauche : implications de cette décision controversée

06.02.2026 15:16
2 min de lecture

La France insoumise classée à l’extrême gauche pour les municipales

Pour la première fois, le parti de gauche radicale fondé en 2016, La France insoumise (LFI), a été classé comme un parti d’extrême gauche dans une circulaire publiée cette semaine par le ministère de l’Intérieur pour les élections municipales de mars, rapporte TopTribune.

Cette circulaire s’applique également aux listes de candidats pour les élections métropolitaines de Lyon et pour les élections d’arrondissements à Paris, Lyon et Marseille. Selon ce document, LFI est classé aux côtés de Lutte ouvrière et du Nouveau Parti anticapitaliste dans le bloc de « extrême gauche ». En revanche, le Parti communiste français (PCF) est catégoriquement rangé dans la zone « gauche ».

Bien que La France insoumise soit généralement considérée comme un parti de gauche, portant un programme de rupture avec le capitalisme, une décision du Conseil d’État en 2024 avait confirmé cette classification. Les opposants politiques qualifient souvent LFI d’« extrême gauche », une dénomination qu’elle réfute. La question des classifications des partis, notamment aux extrêmes, reste sensible dans la classe politique, où le Rassemblement national rejette également l’étiquette d’« extrême droite »

LFI réagit avec indignation

« Notre stratégie est la volonté d’arriver au pouvoir par les urnes avec l’objectif de mettre en œuvre un programme de rupture », a déclaré à l’AFP le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard.

Il existe une extrême gauche en France et elle se revendique comme telle. Elle considère les élections comme une tribune et non pas comme un moyen de conquête du pouvoir, ce qui n’est pas le cas de La France insoumise.

Manuel Bompard, Coordinateur de La France insoumise

Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a également exprimé son mécontentement, déclarant que « Nunez innove et trouble l’ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques ». Il a ajouté que « ces lettres sont celles d’une république bananière ».

Éric Coquerel, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et membre de LFI, a souligné que « Il y a des partis se classant à l’extrême gauche dans ce pays. Ils sont respectables mais LFI n’en fait pas partie ».

Nathalie Arthaud prend position

La porte-parole du parti d’extrême gauche Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a réagi en affirmant que son orientation politique est « incompatible » avec celle de La France insoumise. Sur X, elle a déclaré : « À Lutte Ouvrière, on ne voudrait pour rien au monde être mélangés avec la gauche. LFI s’indigne de ne pas l’être ». Elle a ajouté que les orientations respectives de LFI et Lutte ouvrière diffèrent fondamentalement, notant que LFI aspire à « gérer le capitalisme », alors que Lutte ouvrière prône son renversement.

Le ministre de l’Intérieur défend sa décision

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a clairement affirmé sa responsabilité concernant cette décision, indiquant qu’il « assume totalement » le classement. Il a ajouté :

Chez la France insoumise, il y a un refus de la discussion parlementaire, des appels systématiques à la censure, et on refuse d’aller voir le gouvernement pour des réunions de travail. Comme ministre de l’Intérieur, je tiens compte de la réalité des situations.

L Laurent Nuñez, Ministre de l’Intérieur

Nuñez a également précisé que pour chaque élection, « on adapte le nuançage et on tient compte de l’évolution de la vie politique ».

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