Un projet de loi pour protéger les victimes de narcotrafic adopté à l’Assemblée nationale
Le 12 février 2026, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité un projet de loi écologiste visant à étendre la protection des victimes du narcotrafic, y compris des personnes non impliquées dans une procédure judiciaire. Cette initiative répond directement à la situation de Amine Kessaci, militant écologiste, dont le frère Mehdi a été assassiné en novembre 2025, rapporte TopTribune.
Ce texte, soutenu principalement par la gauche, a été placé en première position lors de la journée parlementaire dédiée aux écologistes. Il vise à élargir un dispositif de protection existant à de nouvelles catégories de victimes, témoins et repentis. Bien que l’opposition ait déclaré partager l’objectif du projet, elle a exprimé des doutes concernant son efficacité. La députée Sandra Regol, qui a défendu le texte, a affirmé : « Nous pouvons envoyer un message aux trafiquants, à ceux qui violentent, à ceux qui tuent […] En donnant à celles et ceux qui parlent et agissent aujourd’hui sans cadre et sans protection, une protection adaptée pour continuer à le faire. »
Les mesures proposées comprennent la mise en place de protections à travers les services de police et de gendarmerie locaux, ainsi qu’un « service national » dédié lorsque la menace est jugée sérieuse. Ces protections pourraient varier de l’inscription sur une liste prioritaire à l’attribution d’une identité d’emprunt, en passant par une protection rapprochée ou un téléphone de sécurité.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est opposé à cette loi, estimant que bien que l’intention soit noble, l’État offre déjà une protection aux personnes menacées dans des contextes judiciaires ou administratifs. Il a mis en garde contre le risque d’affaiblir les dispositifs existants.
Lors d’une déclaration, le ministre a également exprimé son soutien à Ouassila Benhamdi Kessaci, la mère d’Amine, qui vit sous protection après l’assassinat de son fils. Amine Kessaci, en tant que candidat écologiste à Marseille, a récemment dû être exfiltré d’un meeting à Aix-en-Provence pour des raisons de sécurité. Cette situation met en lumière l’importance de la lutte contre le narcotrafic et les dangers auxquels sont confrontés ceux qui s’opposent à cette criminalité.