Adoption du budget de la Sécurité sociale : un chemin semé d’embûches
Le budget de la Sécurité sociale a été adopté par l’Assemblée nationale en deuxième lecture le 9 décembre 2025, grâce au soutien des socialistes et à l’abstention des écologistes, rapporte TopTribune. Toutefois, ce vote ne marque pas la fin des débats, le texte devant encore être validé par le Sénat avant le vote définitif prévu pour le 12 décembre à minuit.
Le gouvernement a dû négocier en profondeur pour faire adopter le projet, qui implique des concessions. Parmi les ajustements notables figure la suspension de la réforme des retraites, repoussant l’âge légal de départ à 64 ans jusqu’en janvier 2028. Les cotisations des générations futures sont également modifiées, permettant des départs anticipés dans certains cas.
Une autre mesure clé est la limitation de la durée des arrêts de travail : un mois pour une première prescription, et deux mois pour les renouvellements. Par ailleurs, une taxation exceptionnelle des complémentaires santé, s’élevant à un milliard d’euros, a été introduite, suscitant des craintes concernant ses répercussions sur les assurés.
Un déficit préoccupant
Le déficit de la sécurité sociale est estimé à 19,6 milliards d’euros, avec une augmentation de 3 % des dépenses d’assurance maladie, a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Sans budget, les pertes pourraient atteindre 29 à 30 milliards d’euros, soulevant des inquiétudes quant à la viabilité du système.
Réactions et perspectives
Malgré l’adoption de ce budget, le climat demeure tendu. Sébastien Lecornu, ministre en charge, a certes obtenu une première victoire, mais il devra rapidement se préparer à des débats difficiles concernant le budget de l’État. Les socialistes ont exprimé leur mécontentement face aux concessions obtenues par le gouvernement, indiquant qu’ils ne voteront pas le texte final. Avec des figures du parti appelant au recours à l’article 49.3, la tension parlementaire demeure palpable.
Alors que le gouvernement célèbre cette étape, la bataille des amendements et des votes solennels est loin d’être terminée. Les enjeux sont élevés, tant pour la gestion des finances publiques que pour l’avenir de nombreuses politiques sociales en France.