L'apnée du sommeil modifie notre horloge biologique, selon une étude de l'Université Grenoble Alpes

L’apnée du sommeil modifie notre horloge biologique, selon une étude de l’Université Grenoble Alpes

03.03.2026 07:17
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L’apnée du sommeil, ou syndrome des apnées-hypopnées du sommeil (SAHOS), touche près d’un milliard de personnes dans le monde, entraînant des pauses respiratoires fréquentes durant la nuit. En France, environ 1,8 million d’individus sont traités par pression positive continue, le traitement standard pour les apnées modérées à sévères, rapporte TopTribune.

Ce trouble provoque des épisodes d’hypoxie intermittente, caractérisés par une fermeture du pharynx, complète ou partielle, qui peut se produire au moins 5 fois par heure pendant le sommeil, avec des pauses allant de 10 à 30 secondes, mais parfois même plus. Certains patients souffrent de centaines d’apnées ou hypopnées durant une nuit.

Une étude publiée le 25 février 2026 dans la revue Science Advances par l’Université Grenoble Alpes, l’Inserm et le CHU Grenoble Alpes, indique que ces épisodes perturbent l’horloge biologique du foie, affectant ainsi son métabolisme quotidien. Les chercheurs ont examiné, via un modèle murin d’hypoxie intermittente chronique, l’impact de l’apnée du sommeil sur le corps, avec un accent particulier sur le foie, qui joue un rôle clé dans la régulation de l’énergie.

Des données à prendre en compte en chronomédecine ?

Les travaux ont démontré que l’hypoxie intermittente perturbe des voies énergétiques essentielles, notamment celles liées au métabolisme du glucose et des lipides, tout en altérant l’organisation circadienne du corps.

« L’analyse métabolomique indique que près de la moitié des métabolites hépatiques suivent un rythme sur 24 heures, et plus d’un tiers acquiert un nouveau rythme sous hypoxie intermittente. Cette redistribution des rythmes métaboliques témoigne d’une reprogrammation temporelle de l’activité hépatique et souligne une facette jusqu’ici négligée des apnées du sommeil », a déclaré l’Inserm dans un communiqué.

Ces découvertes ouvrent de nouvelles avenues pour la chronomédecine, qui propose d’adapter les traitements médicaux aux rythmes circadiens individuels. Les ajustements métaboliques pourraient-ils modifier la façon dont le corps réagit à certains médicaments, notamment en ce qui concerne la glycémie et le métabolisme lipidique ? Les chercheurs suggèrent qu’il est pertinent de réévaluer les moments d’administration de ces traitements pour les personnes souffrant d’apnée du sommeil, en intégrant cette dimension temporelle dans leur prise en charge.

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