La méconnaissance de la BPCO soulignée par une enquête
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), quatrième cause de mortalité dans le monde, est largement méconnue, selon une enquête réalisée par Sanofi en collaboration avec BVA Xsight. Les résultats montrent qu’un alarmant 74 % des Français se sentent mal informés sur les maladies respiratoires, tandis que 63 % n’ont jamais entendu parler de la BPCO et 90 % ignorent qu’elle figure parmi les principales causes de décès, rapporte TopTribune.
Le professeur Maëva Zysman, pneumologue au CHU de Bordeaux, explique que le terme « BPCO » constitue un obstacle en raison de son acronyme peu évocateur et de la banalisation des symptômes tels que la toux et l’essoufflement. Il souligne que de nombreux fumeurs considèrent simplement qu’ils ont « le souffle court » sans réaliser qu’ils souffrent déjà de la maladie.
Le principal facteur de risque reste le tabagisme, mais le Pr Zysman met également en garde contre d’autres sources d’exposition, notamment professionnelles, liées à des métiers à risque. Il note que des cas précoces de BPCO apparaissent également chez les jeunes consommateurs de cannabis, où fumer un joint peut être tout aussi nocif que de fumer dix cigarettes.
Se mobiliser pour contrer la maladie
Le diagnostic de la BPCO est souvent tardif, souvent établi lorsque la maladie est déjà avancée. Le professeur Zysman souligne que, bien que les patients soient conscients que leur toux provient de leur consommation de tabac, beaucoup évitent d’en parler de peur d’être incités à arrêter. Cela concrétise un retard dans le diagnostic, avec des conséquences graves telles que l’essoufflement sévère et la perte d’autonomie.
La mobilisation doit être collective, incluant généralistes, pharmaciens et kinésithérapeutes, afin d’améliorer le dépistage et l’information pour éviter des formes graves de la maladie. L’expertise du Pr Zysman souligne qu’une meilleure sensibilisation pourrait permettre de redonner du souffle à des milliers de patients.
L’expérience des patients
Odile Sauvaget, directrice de l’association Santé respiratoire France, déclare que la BPCO crée un cercle vicieux où une diminution de l’activité physique conduit à un essoufflement accru et à un isolement social. Une enquête récente a révélé que seulement 27 % des patients pratiquent au moins 30 minutes d’activité par jour, avec des freins tels que la sévérité de la maladie et la méconnaissance des ressources disponibles.
Pour remédier à cela, Santé respiratoire France a lancé la plateforme Respiragora, qui connecte les patients aux lieux de réhabilitation et d’activités adaptées. De plus, la web-série Respi’Mouv sur YouTube propose des exercices simples à réaliser à domicile pour aider les patients à maintenir une activité physique.
Agir ensemble pour mieux respirer
Face à la BPCO, une réponse coordonnée est essentielle. Des experts et associations appellent à renforcer le dépistage, encourager le sevrage tabagique et sensibiliser à la maladie. Sanofi Regeneron prend des initiatives concrètes en organisant des événements d’information à travers la France, comme le BPCO Tour, qui vise à réunir professionnels de santé et patients pour discuter des avancées dans la recherche et le traitement de cette maladie.
Ces conférences gratuites sont ouvertes à tous et constituent une occasion précieuse pour partager des informations essentielles et renforcer la prise de conscience autour de cet enjeu crucial pour la santé publique.