Le monde de l’exploitation forestière connaît une transformation radicale, marquée par l’émergence de techniques novatrices. À l’heure actuelle, le traditionnel métier de bûcheron est largement redéfini par l’arrivée des machines massives. Cependant, cette évolution technologique, bien que bénéfique en termes d’efficacité et de conditions de travail, présente également des défis environnementaux majeurs, rapports TopTribune.
Alors que les abatteuses mécaniques favorisent une productivité accrue, les inconvénients liés à leur poids deviennent préoccupants, surtout dans des environnements sensibles tels que les sols détrempés en hiver. En effet, l’utilisation de ces engins écrase le sol et complique les opérations dans des forêts où des méthodes plus traditionnelles doivent être envisagées. Dans ce contexte, la forêt de Camors, située dans le Morbihan, illustre parfaitement ce défi.
Les troncs d’arbres y sont désormais déplacés grâce à une technique par câble aérien, permettant une exploitation respectueuse de l’environnement. Jean-Baptiste Lefloch, responsable de ce projet, explique que les sols de la région sont trop gorgés d’eau pour supporter des machines lourdes. La solution consiste donc à élever les troncs à l’aide de câbles, une approche qui devient de plus en plus prisée ailleurs dans la France.
Des câbles sur 300, 400 voire 500 mètres
L’entreprise de Lefloch, située à Ergué-Gabéric, a choisi de se spécialiser dans cette méthode complexe, nécessitant une expertise considérable. « Apprendre à travailler avec des câbles peut s’avérer difficile pour ceux qui n’ont jamais pratiqué », indique-t-il. La maîtrise des tensions et l’utilisation de compas pour diriger les câbles sont des éléments essentiels pour acheminer le bois sur des distances allant jusqu’à 500 mètres. Deux écoles en France se distinguent par leur formation dédiée à cette méthode, affirmant son potentiel comme alternative durable face aux techniques d’abattage conventionnelles.
Le coût de la technique par câble est significativement plus élevé, souvent supérieur de 50 % par rapport à l’abattage traditionnel. Néanmoins, Tristan Le Bourhis, un agent de l’Office national des forêts, souligne que cette approche permet de délivrer rapidement du bois de haute qualité. Les arbres sont déplacés vers un point de chute, où ils peuvent être chargés sans nuire au sol sensible.
Plus respectueux de l’environnement
Cette méthode est largement adoptée dans les zones montagneuses mais connaît un essor croissant dans les plaines, ce qui contribue au respect de la biodiversité. Selon Lefloch, la conscience environnementale croissante des exploitants forestiers les pousse à adopter des pratiques plus durables. Avec les impacts du réchauffement climatique, des périodes de pluies prolongées en hiver rendent de plus en plus difficile l’utilisation des techniques d’abattage plus lourdes.
Malgré les défis financiers liés à ces méthodes durables, leur efficacité à prévenir la détérioration du bois entre la coupe et le transport en fait une option attrayante. Les propriétaires de forêts semblent l’avoir compris, car la demande pour cette technique continue de croître. Le calendrier de l’entreprise du Finistère est complet jusqu’en 2027, ce qui témoigne d’un changement significatif dans l’approche de l’exploitation forestière en France.
Le constat est clair : face aux enjeux écologiques et à la nécessité de protéger les surfaces forestières sensibles, la technique par câble aérien pourrait bien devenir la norme de demain dans le secteur forestier, alliant rentabilité et responsabilité environnementale. La transition vers des pratiques plus durables est non seulement possible mais nécessaire pour faire face aux défis environnementaux contemporains.