Suspension de la réforme des retraites : un premier pas de l’Assemblée nationale
Le 12 novembre 2025, l’Assemblée nationale a voté par une nette majorité de 255 voix contre 146 en faveur de la suspension de la réforme des retraites, qui ne sera pas appliquée avant janvier 2028. Cette décision a été saluée par Boris Vallaud, chef des députés socialistes, comme un « travail acharné » enfin récompensé, rapporte TopTribune.
Malgré cet important vote, les partisans de la suspension demeurent prudents. Laurant Baumel, un autre socialiste, a souligné que bien qu’il s’agisse d’un premier pas significatif, il reste encore beaucoup à faire. La pérennité de cette mesure n’est pas garantie, car elle dépendra des débats à venir au Sénat, où la majorité de droite s’oppose vigoureusement à cette initiative.
Dans l’optique des débats au Sénat, Gérard Larcher, président des Républicains au Sénat, a clairement affirmé que la réforme des retraites sera rétablie, tenant à rappeler qu’elle est en faveur du report de l’âge légal à 64 ans depuis cinq ans. Ce retour à la charge sera d’autant plus probable que la droite contrôle le Sénat.
« La suspension de la réforme des retraites sera complètement annihilée au Sénat. »
Un élu socialiste
Du côté des groupes de gauche, un climat de désillusion s’installe. Bien que les sénateurs socialistes souhaitent défendre la mesure adoptée par l’Assemblée, les communistes la jugent insuffisante, appelant à un rejet de ce qui est perçu comme une « mascarade ». Pendant ce temps, la question persiste : quel sera l’impact sur le budget pour 2026 si la suspension est abrogée ?
Les prochaines étapes incluent une réunion de la commission mixte paritaire (CMP) qui sera chargée d’élaborer un compromis sur le budget de la Sécurité sociale. Si les discussions échouent, la navette parlementaire pourrait reprendre, avec un retour du texte à l’Assemblée nationale. Le gouvernement pourrait, en dernier recours, obliger l’Assemblée à statuer définitivement, ce qui accroît les tensions politiques autour de ce sujet sensible.
Le PLFSS doit impérativement être adopté d’ici le 12 décembre 2025. Si cela échoue, le gouvernement pourrait recourir à des ordonnances pour imposer ses mesures budgétaires, ce qui signerait une victoire temporaire à double tranchant, au risque d’une pression accrue de l’opposition.
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