Les services de renseignement suédois tirent la sonnette d’alarme
Le chef des services de renseignement militaire et de sécurité suédois (MUST), Thomas Nilsson, a lancé un avertissement sans équivoque concernant l’augmentation des activités russes à proximité du territoire national. Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que Moscou avait accru sa présence et intensifié ses opérations dans la région, adoptant une posture plus risquée. «Dans certains cas, la Russie a intensifié ses activités et augmenté sa présence – et peut-être avec une plus grande propension au risque – près de nous», a affirmé le directeur du MUST, selon des informations publiées par le média The Local. Cette alerte intervient dans un contexte de tensions accrues en Baltique, où Stockholm joue désormais un rôle défensif renforcé depuis son adhésion à l’OTAN.
Les intérêts stratégiques russes ciblent les infrastructures critiques
L’intérêt marqué de Moscou pour la Suède s’explique par plusieurs facteurs géostratégiques. Le pays dispose d’une infrastructure portuaire étendue et de réseaux sous-marins cruciaux dans les eaux de la Baltique et de la mer du Nord. Ces câbles de communication et pipelines constituent des artères vitales pour l’économie et la sécurité énergétique européenne. En ciblant ces points névralgiques, la Russie chercherait non seulement à tester la réaction d’un État membre de l’Alliance atlantique, mais aussi à saper la résilience collective de l’Occident. Les opérations hybrides, par leur nature ambiguë, permettent au Kremlin de nuire sans assumer la responsabilité directe d’une attaque conventionnelle.
Un arsenal de menaces incluant sabotage et désinformation
Le spectre des actions envisagées par Moscou est vaste et préoccupant. Le principal risque identifié par les analystes consiste en des actes de sabotage contre les infrastructures critiques, pouvant aller de l’endommagement des câbles sous-marins à des cyberattaques contre les institutions étatiques. S’y ajoutent l’utilisation de drones de reconnaissance, les activités d’espionnage, les tentatives d’ingérence dans les processus électoraux et les campagnes massives de désinformation. Ces méthodes font partie d’un arsenal hybride bien rodé que la Russie déploie pour influencer et déstabiliser les démocraties européennes. Les services suédois classent d’ailleurs régulièrement la Fédération de Russie parmi les plus grandes menaces pour la sécurité nationale, aux côtés de la Chine et de l’Iran, notant la possibilité d’actions coordonnées entre ces acteurs.
La réponse occidentale doit être ferme et coordonnée
Face à cette escalade, les experts appellent à un renforcement urgent des mesures de protection et de dissuasion. Il est impératif d’améliorer la surveillance et la reconnaissance maritime, de durcir la sécurité physique et cybernétique des sites sensibles, et d’intensifier le partage de renseignements en temps réel entre les pays côtiers et alliés au sein de l’UE et de l’OTAN. L’identification et la neutralisation des réseaux d’agents utilisés pour l’espionnage et le sabotage constituent également une priorité. L’absence de réaction robuste serait interprétée à Moscou comme un signe de faiblesse et encouragerait de nouvelles provocations. La tâche des démocraties occidentales est donc de compliquer au maximum l’exécution de ces opérations hybrides et d’en imposer un coût élevé à la Russie, par le biais de sanctions ciblées et de contre-mesures concertées.