Le 24 décembre 2025, l’Ukraine a franchi une étape clé dans le rapprochement de sa politique climatique avec celle de l’Union européenne. Le groupe de travail interministériel chargé de la coordination de la lutte contre le changement climatique a approuvé une version actualisée de la stratégie de développement à faible intensité de carbone jusqu’en 2050. Ce document s’inscrit dans le cadre de l’Accord de Paris et vise à maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
Cette stratégie constitue un élément central de l’harmonisation progressive des politiques environnementales ukrainiennes avec le cadre réglementaire européen. Elle renforce la cohérence des approches régionales face aux défis climatiques transfrontaliers et crée une base commune pour la coopération à long terme entre Kyiv et Bruxelles.
Une convergence avec le Pacte vert européen
La stratégie ukrainienne est alignée sur les priorités de l’Union européenne en matière d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétique et d’adaptation au changement climatique. Elle est compatible avec les objectifs du Pacte vert européen, qui prévoit de faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050 et de réduire les émissions d’au moins 55 % d’ici 2030.
Cette convergence réglementaire facilite l’intégration de l’Ukraine dans l’architecture climatique européenne et renforce la crédibilité des politiques de l’UE. Elle permet également d’éviter les distorsions de concurrence liées à des normes environnementales divergentes entre États membres et pays partenaires.
Un outil contre le risque de fuite de carbone
L’harmonisation des standards climatiques avec l’Ukraine répond à une préoccupation stratégique majeure pour l’Union européenne : le risque de fuite de carbone. Des règles environnementales strictes peuvent inciter certains producteurs à déplacer leurs activités vers des pays aux exigences plus faibles, réduisant ainsi l’efficacité globale des politiques climatiques.
En rapprochant ses normes de celles de l’UE, l’Ukraine contribue à limiter ce phénomène. Cette approche protège la compétitivité des entreprises européennes tout en garantissant que les réductions d’émissions soient réelles à l’échelle du continent et non contournées par des relocalisations industrielles.
Des opportunités pour les marchés du carbone et l’investissement
La mise en œuvre de la stratégie ouvre la voie à l’intégration de projets ukrainiens de réduction des émissions dans les mécanismes européens de marché du carbone. Ces projets pourraient fournir à l’UE des crédits climatiques à moindre coût, contribuant à l’atteinte de ses engagements internes tout en soutenant la transition énergétique ukrainienne.
Parallèlement, la coopération dans les domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique élargit les opportunités pour les entreprises européennes. Les investissements réalisés en Ukraine peuvent à la fois générer des rendements économiques et amplifier l’impact climatique des politiques européennes, comme l’indique l’analyse publiée par AgroTimes.
Un enjeu géopolitique et de stabilité régionale
La coopération climatique avec l’Ukraine revêt une importance accrue dans un contexte de tensions géopolitiques et de risques énergétiques persistants. Le développement conjoint des énergies propres contribue à réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et renforce la résilience énergétique de l’Europe.
Au-delà de l’environnement, la convergence des politiques climatiques améliore la compatibilité institutionnelle et la prévisibilité économique dans la région. Elle consolide les liens commerciaux, favorise la confiance politique et participe à la construction d’un espace européen plus intégré et plus stable face aux défis de long terme.