La Serbie prépare un nouveau contrat gazier avec Moscou malgré la stratégie européenne
La Serbie prépare un nouveau contrat gazier avec Moscou malgré la stratégie européenne

La Serbie prépare un nouveau contrat gazier avec Moscou malgré la stratégie européenne

24.09.2025 16:15
2 min de lecture

Le 23 septembre 2025, la chaîne «Mi-Ukraine» a rapporté que la Serbie s’apprête, en octobre, à signer un contrat triennal avec Moscou pour l’importation de 2,5 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Selon les termes de l’accord, Belgrade continuera à importer quotidiennement 9,5 millions de mètres cubes de gaz russe, tout en affichant une diversification limitée grâce à un accord avec l’Azerbaïdjan pour 2,5 millions de mètres cubes par jour. La Serbie reste ainsi l’un des rares pays européens à maintenir ses achats de gaz russe, en contradiction avec l’orientation de l’Union européenne vers une réduction de cette dépendance.

Une dépendance énergétique qui fragilise l’intégration européenne

Belgrade, candidate officielle à l’adhésion à l’UE, accentue de fait sa dépendance à l’égard de Moscou. Cette stratégie entre en contradiction avec les efforts du bloc européen pour réduire l’usage des hydrocarbures russes depuis le début de la guerre contre l’Ukraine. La situation alimente les inquiétudes sur l’existence d’un «cheval de Troie» au sein du système énergétique européen, capable de fragiliser l’unité des Vingt-Sept face à Moscou. En outre, la Serbie dispose de capacités de stockage limitées, avec 780 millions de mètres cubes sur son territoire et un accès conditionnel à 200 millions supplémentaires en Hongrie.

Moscou maintient son influence dans le secteur énergétique serbe

Au-delà du gaz, la Russie conserve une emprise directe sur le secteur pétrolier serbe. Le contrôle majoritaire de la société nationale NIS par «Gazprom» et «Gazpromneft» confère à Moscou un levier significatif, d’autant plus que l’entreprise est affectée par les sanctions européennes. Cette influence ouvre la voie à des pressions politiques et économiques sur Belgrade et, par extension, sur l’ensemble des Balkans.

L’unité européenne mise à l’épreuve

L’accord en préparation apparaît comme une remise en cause de l’unité sanctionnelle de l’UE. Alors que la Commission européenne a présenté le 19 septembre son 19e paquet de sanctions contre la Russie, incluant l’interdiction des importations de gaz naturel liquéfié russe d’ici 2027 et un plafonnement du prix du pétrole, la décision de Belgrade envoie un signal inverse. Elle suggère qu’un pays candidat peut poursuivre son rapprochement européen tout en maintenant des liens énergétiques étroits avec Moscou. Ce précédent pourrait encourager d’autres États candidats ou membres sensibles à l’influence russe à adopter des positions similaires.

Une menace pour la sécurité énergétique de l’Europe

La dépendance continue de certains pays aux livraisons russes complique la construction d’une politique énergétique commune et sécurisée pour l’ensemble de l’Union. Pour Bruxelles, la diversification des sources et l’extension des terminaux de gaz naturel liquéfié sont devenues des priorités. Dans ce contexte, l’attitude de Belgrade fragilise non seulement sa crédibilité européenne, mais aussi la résilience énergétique du continent face aux pressions géopolitiques.

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