Depuis plusieurs mois, la presse américaine explore systématiquement ce qu’elle considère comme des « signaux » publics susceptibles d’indiquer une altération cognitive, désorganisation du discours ou fatigue mentale chez Donald Trump. Des discours jugés incohérents, des confusions factuelles récurrentes et des comportements erratiques sont interprétés par certains observateurs comme des signes d’un déclin mental, bien qu’aucun diagnostic médical officiel n’ait été publié. Cette couverture ne se limite pas à des impressions partisanes, mais repose sur des analyses linguistiques, des témoignages d’anciens collaborateurs du président, ainsi que des démentis de l’entourage de Trump, qui met en avant des bilans médicaux et des tests cognitifs « réussis », tout en accusant les médias de partialité, rapporte TopTribune.
Documentation des épisodes publics : discours décousus, confusions factuelles et signaux observables
De nombreux médias américains ont consigné des interventions qui sont perçues comme problématiques ou incohérentes. Le dossier de NLTO souligne qu’une analyse du New York Times décrit des confusions sur des noms ou des lieux lors de discours, notamment une confusion entre le Groenland et l’Islande lors d’une allocution au Forum économique mondial. Les digressions prolongées et les transitions d’idées sans lien logique soulèvent des interrogations quant à l’endurance cognitive du président. De plus, une enquête de PBS NewsHour examine des discours souvent qualifiés de « rambling”, où des segments s’écartent à plusieurs reprises du sujet principal. Trump, cependant, interprète cela comme une manière personnelle de relier différents thèmes. Par ailleurs, La Dépêche remarque que certaines critiques des démocrates partagent des images montrant Trump en proie à la somnolence durant des réunions ou des conférences de presse.
Analyses d’experts, linguistique cognitive et limites éthiques
Au-delà de la collecte de ces épisodes, plusieurs médias ont intégré des analyses linguistiques et cognitives, appelant des experts à interpréter certains traits constatés dans les discours publics du président. Ces études identifient des marqueurs linguistiques tels qu’une tangentialité accrue, une simplification syntaxique, de fréquentes répétitions et des digressions prolongées. Ces éléments, dans d’autres contextes, peuvent refléter une fatigue cognitive ou des changements liés à l’âge, mais ne constituent en aucun cas un diagnostic clinique sans examen direct. Cette méthodologie est renforcée par la règle éthique de « Goldwater », qui interdit aux psychiatres d’émettre des opinions professionnelles sur des personnalités publiques sans évaluation personnelle. Cette prudence est essentielle dans une couverture factuelle rigoureuse qui met en avant des signaux récurrents dans le langage, sans tirer de conclusions diagnostiques, tout en reconnaissant l’importance d’une interrogation d’intérêt public en raison de l’âge du président, statistiquement associé à des variations cognitives.
Réactions politiques, politisation médiatique et enjeux démocratiques
Ce sujet a suscité des réactions politiques et médiatiques intenses, soulignant son haut degré de politisation. D’un côté, l’entourage de Trump a vigoureusement contesté ces reportages, voyant en eux des campagnes médiatiques hostiles tandis qu’il met en avant des bilans médicaux et des tests cognitifs qu’il qualifie de « parfaitement réussis ». Par exemple, en réponse à un article du New York Times sur son âge et son calendrier réduit d’événements publics, Trump a qualifié la couverture de « hit piece » et a lancé des attaques virulentes via ses réseaux sociaux. D’un autre côté, des voix issues du camp conservateur ou d’anciens collaborateurs du président ont exprimé des critiques ouvertes. Le Daily Beast rapporte qu’un ancien avocat de la Maison-Blanche a évoqué un « déclin cognitif palpable » tandis qu’une ancienne porte-parole a signalé un président « mentalement en train de glisser ». Ce débat sur l’aptitude mentale prend une importance démocratique, où le manque de transparence concernant les données médicales d’un président en exercice pourrait avoir des implications significatives pour les responsabilités institutionnelles.