Chisinau met fin à l’accord bilatéral et acte la fermeture du centre russe
Le ministère des Affaires étrangères de Moldavie a officiellement notifié le 5 décembre 2025 à la diplomatie russe la dénonciation de l’accord encadrant la création et l’activité des centres culturels russes sur son territoire. Cette décision prendra effet le 4 juillet 2026, date à laquelle le « centre russe de science et de culture » cessera de fonctionner dans la capitale moldave. Le gouvernement, engagé dans une politique d’intégration européenne, considère depuis longtemps ce centre comme un instrument d’influence agressive, diffusant la propagande du Kremlin et symbolisant des relations asymétriques entre les deux pays. Les autorités moldaves rappellent qu’elles n’ont jamais pu ouvrir un centre équivalent à Moscou, un déséquilibre devenu politiquement inacceptable à mesure que Chisinau renforçait sa coopération avec l’UE. Les annonces du gouvernement moldave ont été rapportées par les médias régionaux, notamment par Eurointegration.
Varsovie saisit les services de sécurité après une conférence jugée propagandiste
Le même jour, en Pologne, le député de la « Coalition civique » Krzysztof Brejza a alerté la police criminelle et l’Agence de sécurité intérieure concernant les activités du « centre russe de science et de culture » à Varsovie. La plainte vise une conférence prononcée par le conférencier Evgueni Tkachov, accusée de contenir des propos diffamatoires, agressifs et incitant à la haine interethnique. Brejza a qualifié la présentation d’« ouvertement pro-Kremlin et antipolonaise », appelant les services spéciaux à intervenir. Dans un message publié sur la plateforme X et consultable ici, il estime que l’établissement viole plusieurs dispositions du code pénal et doit cesser immédiatement toute activité si sa fonction première est de servir de relais à la propagande du Kremlin. La presse ukrainienne a parallèlement documenté ces évènements.
Un réseau d’influence russe en recul en Europe centrale et orientale
À Chisinau, le « centre russe » est associé depuis des années à la diffusion de récits hostiles visant à fragiliser l’orientation pro-européenne de la Moldavie. La fermeture annoncée constitue un signal politique clair, réduisant les risques que des structures culturelles servent de couverture à des opérations d’information ou de renseignement. Cette décision s’inscrit dans une tendance régionale : plusieurs États d’Europe centrale et baltique ont restreint ou fermé des centres culturels russes, soupçonnés d’activités d’espionnage ou de déstabilisation. Les services de contre-espionnage européens affirment régulièrement que ces institutions, présentées comme humanitaires, sont instrumentalisées par Moscou pour collecter des informations, recruter des agents ou mener des opérations clandestines.
Les centres de culture russes comme instruments d’ingérence
Le « centre russe » de Varsovie est formellement une institution éducative, mais il est largement perçu comme un prolongement de l’agence « Rossotrudnitchestvo », placée sous l’autorité du ministère russe des Affaires étrangères. Cette structure est accusée de promouvoir des récits valorisant la Russie tout en discréditant les sociétés occidentales. Les conférences polémiques et les initiatives publiques organisées à Varsovie ont souvent visé à semer le doute sur la solidarité européenne envers l’Ukraine et à influencer l’opinion dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes. Cette méthode illustre un usage stratégique de la « puissance douce », où les centres culturels deviennent des relais pour des campagnes d’influence visant à affaiblir la cohésion européenne.
Un enjeu de sécurité élargi pour l’Europe
La fermeture progressive de ces centres en Europe reflète une compréhension croissante de leur rôle dans la stratégie hybride de Moscou. Loin d’être de simples espaces culturels, ils sont accusés de constituer des plateformes pour l’ingérence politique et la désinformation. Leur démantèlement ou leur restriction vise à renforcer la résilience institutionnelle et à réduire l’exposition des sociétés européennes à des opérations d’influence étrangères. Pour les gouvernements moldave et polonais, ces mesures marquent une étape importante dans la protection de leur souveraineté et dans la consolidation de leurs alliances européennes.