La ligne verte de Chypre : une frontière entre les communautés grecque et turque depuis 1974

La ligne verte de Chypre : une frontière entre les communautés grecque et turque depuis 1974

30.11.2025 09:26
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Culture / Monde

La zone tampon démilitarisée contrôlée par les Nations unies, séparant les communautés chypriotes grecque et turque, témoigne aujourd’hui d’un élan écologique.

Une tour d'observation onusienne abandonnée, dans la «ligne verte» à Nicosie (Chypre), la zone tampon des Nations Unies qui partage l'île chypriote en deux depuis le début du conflit en 1974 entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs. Ici le 20 avril 2019. | Diego Cupolo / NurPhoto / AFP
Une tour d’observation onusienne abandonnée, dans la «ligne verte» à Nicosie (Chypre), la zone tampon des Nations Unies qui partage l’île chypriote en deux depuis le début du conflit en 1974 entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs. Ici le 20 avril 2019. | Diego Cupolo / NurPhoto / AFP

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La Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) avertit les visiteurs que, pour toute demande de permis de travail, une formation préalable sur les mines antipersonnel est essentielle. La «ligne verte» qui divise l’île demeure remplie d’engins explosifs datant des années 1970. «Les mines terrestres peuvent encore tuer après des décennies dans le sol, elles ne deviennent pas inactives avec le temps», alerte l’organisme onusien sur son site.

L’invasion turque sur l’île de Chypre, survenue le 20 juillet 1974 sous le nom d’opération Attila, a aggravé la situation sur l’île, marquée par des tensions. Les Casques bleus de l’ONU étaient déjà sur place depuis 1964, mais leur intervention n’a pas eu l’effet escompté. En réaction à un coup d’État qui visait à unifier Chypre avec la Grèce, Ankara a mené une opération militaire, s’emparant d’un tiers du nord de l’île en seulement deux jours.

Après plusieurs jours de violences causant 3.500 morts, 1.600 disparus et des dizaines de milliers d’expulsés, un cessez-le-feu a été mis en place le 16 août 1974. La zone démilitarisée ainsi créée, d’environ 3,7 % du territoire, se distingue désormais par son rôle écologique, où la nature reprend ses droits.

La dernière capitale divisée au monde

La «ligne verte» traverse Nicosie sur 180 kilomètres, entraînant la division de la capitale. Les accès à la zone démilitarisée sont marqués par des mesures de sécurité strictes, visibles par des sacs de sable et des barricades. Les incidents se comptent par centaines chaque année, selon les rapports de l’ONU.

Il est clair que l’avenir de cette zone dépendra de la réconciliation des deux communautés. Malgré les points de passage établis en avril 2003, les divisions linguistiques, économiques et culturelles demeurent profondes.

Le référendum du 24 avril 2004, bien qu’envisagé pour réunifier l’île, a été massivement rejeté par les Chypriotes grecs. Pendant ce temps, la République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par la Turquie, continue de rester sous la protection de 35.000 soldats turcs, rendant improbable un changement pacifique à court terme.

Les échos de la guerre persistent, mais paradoxalement, la zone tampon a permis la résurgence d’une biodiversité inédite. En 2007, des scientifiques ont répertorié une variété impressionnante d’espèces, suggérant que la séparation, bien que tragique, a également créé un sanctuaire pour la faune et la flore.

Par conséquent, ce territoire, longtemps synonyme de conflit, laisse place à un retour des formes de vie, ouvrant la voie à l’espoir d’une réconciliation future, rapporte TopTribune.

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