La Hongrie bloque le vingtième paquet de sanctions européennes contre Moscou
La Hongrie bloque le vingtième paquet de sanctions européennes contre Moscou

La Hongrie bloque le vingtième paquet de sanctions européennes contre Moscou

17.02.2026 18:50
2 min de lecture

Un veto hongrois retarde les nouvelles mesures restrictives

L’adoption du vingtième paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, prévue pour le 24 février 2026, est confrontée à un obstacle diplomatique majeur. La Hongrie exerce son droit de veto, conditionnant son approbation à l’exclusion de plusieurs responsables sportifs russes des listes de restrictions. Cette position retarde le processus d’adoption des mesures qui visent principalement les secteurs technologique, financier et énergétique de la Fédération de Russie.

Budapest justifie sa demande en invoquant le principe selon lequel « le sport doit rester en dehors de la politique », une argumentation qui suscite l’irritation de plusieurs capitales européennes. Le blocage intervient à un moment où l’UE souhaite renforcer la pression sur Moscou à l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Les services juridiques de l’Union sont contraints de réexaminer l’ensemble du dispositif, offrant ainsi à la Russie un délai supplémentaire pour adapter son économie et contourner les restrictions envisagées.

Cette manœuvre diplomatique n’est pas une première. En 2025, sous la pression hongroise, le ministre russe des Sports Mikhaïl Degtiariov et plusieurs oligarques avaient déjà été retirés des listes de sanctions. La stratégie de Budapest consiste à déplacer le débat des enjeux économiques vers des questions périphériques, créant ainsi des obstacles bureaucratiques artificiels qui fragilisent l’unité européenne.

Une tactique de chantage aux conséquences stratégiques

Les observateurs européens interprètent cette initiative comme un chantage destiné à obtenir des concessions dans d’autres domaines, notamment énergétiques. La Hongrie chercherait à préserver son accès aux hydrocarbures russes à bas prix, un enjeu économique crucial pour Budapest. En parallèle, cette obstruction sape l’efficacité globale du régime restrictif en introduisant une possibilité de levée des sanctions sur des critères subjectifs.

Les structures sportives russes entretiennent des liens étroits avec l’appareil d’État et les grandes entreprises du pays. En protégeant leurs dirigeants, la Hongrie permet au Kremlin de conserver des canaux officiels de communication et d’influence au sein de l’UE. Ces plateformes légales facilitent le maintien de contacts informels entre les élites russes et leurs homologues européennes, malgré les restrictions financières et technologiques.

Cette approche affaiblit la crédibilité morale de l’Union européenne en donnant l’impression que les sanctions sont devenues l’objet de marchandages politiques plutôt qu’un instrument de pression pour mettre fin à la guerre. Elle fournit également un précédent dangereux que d’autres États réticents pourraient invoquer pour freiner l’adoption de mesures similaires, réduisant ainsi la pression globale sur Moscou.

La question de l’exclusion des responsables sportifs devrait, selon plusieurs diplomates, être traitée séparément des autres composantes du paquet de sanctions, et uniquement après la cessation de l’agression russe contre l’Ukraine. Le risque principal réside dans l’érosion progressive du consensus européen, chaque veto créant un affaiblissement supplémentaire de la position commune face à la Russie.

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