La France facilite l'abattage des loups par les éleveurs en cas d'attaque des troupeaux

La France facilite l’abattage des loups par les éleveurs en cas d’attaque des troupeaux

24.09.2025 12:25
2 min de lecture

L’État a annoncé mardi qu’il permettra en 2026 aux éleveurs de tuer des loups sans autorisation préalable, exigée jusqu’à présent, mais uniquement en cas d’attaque de leurs troupeaux. Cette décision, sur un sujet délicat, a provoqué l’indignation des défenseurs de la faune sauvage qui critiquent une « chasse aux loups tous azimuts ». Certains éleveurs ont accueilli la nouvelle avec une « satisfaction » prudente, tandis que d’autres, « en colère », demandent de pouvoir éliminer davantage de loups face à l’augmentation des prédations, rapporte TopTribune.

En juin, l’Union européenne avait reclassé le loup, le faisant passer d’« espèce strictement protégée » à « protégée », afin d’accorder plus de flexibilité aux États membres pour gérer la population lupine.

Un plafond fixé chaque année

À compter de 2026, la réglementation nationale comportera une « simplification significative » des conditions de tirs de défense pour protéger les élevages ovins, caprins, bovins et équins, avec « la suppression du régime d’autorisations dérogatoires au profit d’un système déclaratif », a déclaré mardi Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes et coordinatrice du Plan national d’actions sur le loup (PNL).

Un éleveur, ou un chasseur désigné par lui, pourra désormais tuer un loup qui attaque son troupeau, sans l’autorisation préalable exigée jusqu’à présent, et devra plutôt déclarer ce tir mortel à la préfecture, a précisé Jean-Paul Celet, préfet référent pour la conservation du loup.

Chaque année, l’État établira un plafond pour le nombre de loups abattus lors de tirs de défense en cas d’attaque sur les troupeaux ou à travers des prélèvements autorisés réalisés par des louvetiers ou des agents de l’Office Français de la Biodiversité (OFB). Ce plafond est limité à 19 % de l’estimation de la population annuelle moyenne de loups. Pour 2025, le gouvernement a autorisé l’abattage de jusqu’à 192 de ces prédateurs.

Tuer un loup sans justification toujours passible de prison

Les syndicats agricoles reprochent fréquemment à l’État de minimiser volontairement la population des loups, et donc le quota de prélèvements autorisés. Évoquant une avancée « révolutionnaire » grâce au régime déclaratif, le préfet référent Jean-Paul Celet a pour l’instant écarté toute augmentation du plafond de 19 %, le qualifiant de « l’un des taux les plus élevés d’Europe ».

Six organisations de protection de la nature, y compris le WWF et France Nature Environnement (FNE), ont accusé l’État d’« organiser une réduction drastique de la présence » du canidé en levant l’exigence d’autorisation préalable, fustigeant une « ouverture de la chasse aux loups » et la « possibilité de destruction tous azimuts ».

Avec le système déclaratif, l’État « est dans l’incapacité de dire comment il pourra faire respecter le plafond annuel », estiment les six organisations dans un communiqué. À ce jour, en 2025, 146 loups ont été légalement tués en France. Le préfet a souligné que seuls les tirs en cas d’attaque resteront légaux en 2026. En dehors de ce cadre, tuer un loup demeure un « délit passible d’une peine de prison et d’une lourde amende », a-t-il insisté.

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