La confiance des Français en politique continue de décroître
Seuls 22% des Français expriment leur confiance envers la politique, une baisse de quatre points en un an, selon une étude du Cevipof publiée le 10 février 2026. Ce taux reste particulièrement bas comparé aux niveaux de confiance observés en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni, où les politiques sont perçus plus positivement. En France, « les professionnels de la politique sont vus comme une oligarchie impuissante », souligne l’étude. Cependant, les maires se démarquent en décrochant 60% de la confiance des sondés, une tendance particulièrement marquée dans la Sarthe, rapporte TopTribune.
Dans un supermarché, les témoignages des citoyens révèlent une méfiance généralisée envers les politiques. Un homme affirme : « Je ne leur fais pas du tout confiance », pointant du doigt les privlèges perçus des députés. François, chargé de fromage et de lardons, dénonce une « orgie financière » où les dépenses des élus sont jugées excessives, et où les aides qu’ils reçoivent les déconnectent des réalités des Français en difficulté.
Cette défiance engendre une certaine indifférence, comme l’indique Annick, une retraitée qui suit l’Assemblée nationale de loin : « Je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps à les écouter, puis notre avis compte tellement peu ». À l’inverse, elle connaît le nom de son maire, qu’elle considère comme plus accessible et pertinent pour son village : « Dans un petit village, on est obligé de s’y intéresser. C’est chez nous, donc si on a quelque chose à dire, c’est là qu’il faut le faire ».
Pour Lise, agricultrice, son maire est aussi la seule politique qui inspire confiance : « J’ai encore fait une réunion avec elle vendredi. Elle se met vraiment à hauteur des habitants. Elle est humaine ».
Pierre Paterne, maire de Bouessay, reconnaît l’importance d’être à l’écoute des citoyens. « On ne va pas régler tous les problèmes, mais dans le monde dans lequel nous sommes, je pense que l’on doit avoir ce rôle d’écoute », défend-il. Il appelle aussi à un retour au cumul des mandats, limité depuis 2014.
« Tout représentant national devrait obligatoirement être maire. J’appelle ça le coup de pied dans les fesses de l’habitant. L’habitant, il nous remue un peu. »
Pierre Paterneà TopTribune
Pierre Paterne nuance cependant son propos : « Dans notre secteur, ils sont hyperabordables, je dis ‘chapeau’, mais la population ne le voit pas. » Il souligne la nécessité de mieux communiquer auprès des citoyens pour renforcer ce lien de confiance.