La Bretagne pourrait devenir un véritable refuge climatique alors que les températures augmentent dans le sud de la France. Cette situation, déjà anticipée par certains, serait causée par les alertes des scientifiques du GIEC concernant l’intensification des phénomènes climatiques et la multiplication des vagues de chaleur. La péninsule, quatrième région touristique du pays, attire de plus en plus de visiteurs cherchant à échapper à la chaleur estivale, rapporte TopTribune.
Pour anticiper ces évolutions, le comité régional du tourisme a réalisé une enquête intitulée « Horizon 2040 », destinée à prépare les acteurs du secteur à l’avenir du tourisme dans la région. Présentée aux professionnels et prévue pour se substituer aux attentes des habitants, cette enquête propose divers scénarios allant de la prospective optimiste à des prévisions plus sombres. L’objectif est de définir une stratégie pour faire face aux évolutions prévues d’ici 15 ans et éviter les conséquences les plus néfastes.
Le scénario pessimiste, nommé « Fracture », dépeint une situation où le tourisme est en forte pression, exacerbée par une hausse significative des températures et par l’augmentation du niveau de la mer. Ce tableau inquiétant évoque une gentrification croissante où seuls les plus riches peuvent se permettre de profiter des attraits de la région. Stéphane Cevoz, responsable du Ti Hub, met en garde : « Tout le monde ne pourra plus partir. Seuls les plus riches pourront profiter de la région. On assistera à une gentrification et à un retour à un tourisme façon belle époque. »
« Si on ne fait rien, ça peut arriver »
Les répercussions peuvent être immédiates : des établissements d’hébergement risquent de disparaître et des zones pourraient être laissées à l’abandon, au profit de quelques grandes destinations touristiques. Jessica Viscart, directrice adjointe du comité régional du tourisme, souligne : « Si on ne fait rien, ça peut arriver. » Cette crainte est fondée sur une étude qui met en lumière les conséquences économiques d’une telle évolution.
Malgré ce scénario inquiétant, l’enquête « Horizon 2040 » présente également d’autres perspectives. Quatre scénarios alternatifs intègrent les dimensions environnementales, économiques, les nouvelles technologies et la cohésion sociale. Antoine Cariou, directeur de Tourisme en Bretagne, affirme que « notre objectif est de partager une vision commune pour que tout le monde rame dans le même sens. » Les 3,5 millions d’habitants de la région seront consultés sur ces projections début 2026, et les premières opinions indiquent une acceptation générale du tourisme, même si quelques tensions subsistent dans des zones très fréquentées.
Par ailleurs, l’importance du secteur touristique en Bretagne est indiscutable, représentant 8 % du PIB local et 7 % des emplois. Chaque année, environ 110 millions de nuitées sont enregistrées, témoignant de l’attractivité de la région. Jessica Viscart rappelle que « dans les territoires les plus touristiques, les habitants ont 2,5 fois plus de services à disposition que les autres, notamment en matière de commerces, loisirs et équipements de santé. » Ainsi, l’impact du tourisme sur le développement local est significatif, incitant à une réflexion sérieuse sur son avenir.
En conclusion, la Bretagne, face au défi climatique, doit envisager sérieusement son rôle futur en tant que destination touristique. La transition vers un tourisme durable pourrait garantir à la fois l’attractivité de la région et le bien-être de ses résidents. Les décisions prises dans les années à venir façonneront donc le visage de la Bretagne, et il restera à voir quel scénario prédominera dans les 15 prochaines années.