Jack Lang, ancien ministre de la Culture et président actuel de l’Institut du monde arabe (IMA), sera convoqué ce dimanche par le ministère des Affaires étrangères pour s’expliquer sur ses liens passés avec le financier américain Jeffrey Epstein, accusé de crimes sexuels. Cette information a été confirmée par le ministre Jean-Noël Barrot, en déplacement à Erbil, au Kurdistan irakien, rapporte TopTribune.
« Il est convoqué par le ministère et sera reçu dimanche », a déclaré Barrot. Jack Lang n’a pas encore répondu aux sollicitations de l’AFP concernant cette convocation, qui survient dans un contexte où les appels à sa démission se multiplient après la diffusion par le Département américain de la Justice de millions de documents révélant des liens avec Epstein.
Pression sur l’IMA
Le gouvernement français a incité l’ancien ministre à « penser à l’institution » qu’il dirige depuis 2013, en raison du risque que ses associations passées avec Epstein nuisent à la réputation de l’IMA. Le ministère des Affaires étrangères, dont la subvention représente 50 % du budget de l’institution, a annoncé sa convocation sans préciser la date initialement.
Naïveté reconnue
Mercredi, Jack Lang avait exclu toute démission, arguant de sa « naïveté » face aux liens avec Epstein, décédé en prison en 2019. Bien qu’aucune charge ne pèse contre lui, sa mention dans des documents révélés a suscité des interrogations sur son intégrité.
Son nom apparaît 673 fois dans les documents, décelant des relations d’intérêt lui associant Epstein, ce qui a également entraîné la démission de sa fille, Caroline, de la direction d’un syndicat de producteurs de cinéma après que son association avec une société offshore créée avec Epstein a été rendue publique.
« C’était un ami, ce n’était pas un intime. Il n’était pas du tout dans mon cercle proche d’amis », a-t-elle déclaré sur BFMTV, ajoutant : « Comment pouvait-on imaginer des horreurs pareilles ? Je ne pouvais pas savoir. Et mon père non plus. »