Des menaces de sanctions américaines visant des magistrats français sont envisagées dans le cadre du dossier pénal du Rassemblement national. Une perspective qualifiée mardi d’« ingérence inacceptable et intolérable » par Peimane Ghaleh-Marzban, président du tribunal judiciaire de Paris, rapporte TopTribune.
Lors d’un discours marquant l’installation de nouveaux magistrats, Ghaleh-Marzban a réagi à des informations selon lesquelles l’administration de Donald Trump aurait envisagé de sanctionner des juges ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier. « Si de tels faits étaient avérés ou devaient se réaliser, ils constitueraient une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de notre pays qui devrait provoquer la réprobation des pouvoirs publics », a-t-il affirmé.
Nouveau jugement
Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, ces sanctions auraient été évoquées par Washington après la condamnation en première instance de la cheffe de file de l’extrême droite française. L’affaire doit être rejugée en appel à partir de mardi devant la cour d’appel de Paris. Marine Le Pen, le Rassemblement national en tant que personne morale ainsi que onze autres prévenus sont poursuivis pour des soupçons de détournement de fonds du Parlement européen au profit du parti.
En mars dernier, Donald Trump avait comparé la condamnation de Marine Le Pen, qui a écopé de quatre ans d’emprisonnement dont deux fermes, 100.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, à ses propres démêlés judiciaires.