Surveillance des maladies du motoneurone en France
Les maladies du motoneurone (MMN) font l’objet d’une surveillance épidémiologique depuis plusieurs années. L’objectif est de fournir des indicateurs d’incidence et de mortalité à l’échelle nationale, permettant de mieux orienter les ressources locales en termes d’information, de soins et d’accompagnement, rapporte TopTribune.
Les derniers résultats, publiés le 17 mars par Santé publique France, révèlent que l’incidence des MMN s’élève entre 3 et 3,5 pour 100 000 habitants par an. La mortalité, quant à elle, est estimée entre 2,7 et 3 pour 100 000 habitants par an, ce qui souligne la létalité élevée de ces affections. La sclérose latérale amyotrophique (SLA), qui représente environ 90 % des cas chez les adultes, est l’une des principales maladies de ce groupe.
Les maladies du motoneurone, toutes incurables, affectent les motoneurones, provoquant une paralysie progressive, une perte d’autonomie, et mènent souvent à un décès prématuré dans les deux à cinq ans suivant le diagnostic.
Une hétérogénéité géographique des cas
Santé publique France a également observé des disparités géographiques dans l’incidence des MMN à travers les différentes régions et départements. Certains Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) affichent une surincidence localisée et une mortalité plus élevées par rapport à la moyenne nationale.
Les régions de Bretagne, des Pays de la Loire, de l’Auvergne-Rhône-Alpes et de l’Occitanie se distinguent par une incidence supérieure à celle observée au niveau national. En ce qui concerne la mortalité, il est noté que les départements de Bretagne, d’Auvergne-Rhône-Alpes, des Pays-de-la-Loire et de Normandie présentent également des taux significativement plus élevés.
Départements les plus touchés
Les départements présentant des ratios standardisés d’incidence (SIR) et de mortalité (SMR) significativement plus élevés sont la Lozère et le Morbihan. À l’échelle communale, huit EPCI situés entre les régions Bretagne et Pays de la Loire affichent des taux d’incidence et de mortalité supérieurs à 1 en comparaison avec la référence nationale, avec une probabilité supérieure à 95 %.
Les Communautés d’agglomération de Saint-Brieuc Armor Agglomération, la Presqu’île de Guérande Atlantique, et d’autres communautés montrent des niveaux de risque supérieur.
Trois zones de surincidence ont été identifiées sur la période 2010-2021 dans les villes de Nantes, Aubrac et Clermont-Ferrand, tandis qu’une zone de surmortalité a été relevée dans le secteur de Lorient/Vannes.
Analyse des facteurs environnementaux
Plusieurs hypothèses avancées par Santé publique France expliquent cette répartition géographique inégale des cas, mettant en avant l’influence de facteurs environnementaux et professionnels, notamment l’exposition aux pesticides, aux métaux lourds, à la pollution atmosphérique et au formaldéhyde. Selon l’étude, la SLA pourrait résulter d’une interaction complexe entre le génome et l’exposome.
Les analyses spatio-temporelles renforcent ces findings. Toutefois, les chercheurs soulignent que les données spécifiques sur les clusters ne permettent pas de déterminer des zones de risque récurrentes, laissant la porte ouverte à d’autres investigations concernant les déterminants géographiques de cette hétérogénéité.
Il est essentiel, selon les auteurs de l’étude, d’approfondir l’analyse afin d’identifier les facteurs locaux potentiellement associés à la distribution des cas de MMN sur le territoire français.