Incendies en Australie : la région de Victoria s'organise pour protéger faune, flore et habitants

Incendies en Australie : la région de Victoria s’organise pour protéger faune, flore et habitants

08.02.2026 09:27
3 min de lecture

De notre envoyée spéciale à Melbourne

À l’extérieur de Melbourne, les paysages se transforment radicalement. Les forêts verdoyantes laissent place à des prairies jaunies, à des arbres dévastés et à des maisons détruites. Ces images sont le témoignage des récents incendies en Australie qui ont ravagé la région de Victoria. Il y a trois semaines, un feu de brousse a englouti près de 150 000 hectares, aux alentours de Longwood, située à 150 km au nord de Melbourne. Selon les chercheurs, le climat australien a enregistré une hausse de température moyenne de 1,51 °C depuis 1910, entraînant une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, tant sur terre qu’en mer. Dans ce contexte, les habitants et les autorités doivent s’organiser pour préserver leur sécurité ainsi que celle de la faune et de la flore locales, rapporte TopTribune.

En plein épisode de chaleur, les températures dépassent les 40 °C dans l’État de Victoria, et des vents chauds favorisent l’éclosion de nouveaux feux de brousse, similaire à ceux observés lors de l’« été noir » de 2019-2020. À cette période déjà, des centaines de milliers de kangourous et de koalas avaient péri dans les flammes, laissant derrière eux des villages dévastés. Les incendies demeurent, avec une fréquence alarmante dans le quotidien des habitants.

Une région en cendres

La petite ville d’Harcourt, autrefois prospère, est désormais un amas de cendres après qu’un feu de broussailles ait détruit en quelques heures plus de soixante maisons. Bien que l’école primaire, le jardin d’enfants, l’épicerie et la station-service aient été épargnés, cette tragédie rappelle la vulnérabilité des communautés locales. Alice Barthelemy, guide touristique française à Melbourne, revient sur les lieux et partage avec émotion : « Avec le réchauffement climatique, la saison des feux s’allonge ; elle commence plus tôt, se termine plus tard et surtout, elle devient plus dangereuse. » Pour contrer cette menace, la région déploie des efforts pour former et informer ses habitants. L’application VicEmergency devient indispensable pour suivre la situation des incendies en temps réel. Des panneaux d’affichage sur les routes informent également les riverains sur le niveau de risque quotidien.

En Australie, les pompiers conventionnels demeurent systématiquement basés dans les villes. Pour faire face aux feux de forêt, les communautés font appel à des volontaires répartis en deux groupes : la Country Fire Authority et le Victoria State Emergency Service.

Préserver la faune

Les humains disposent d’outils efficaces pour gérer leur évacuation, tandis que la faune, malheureusement, reste souvent piégée. Lors de l’épisode de « Black Summer », les estimations avancent que jusqu’à trois milliards d’animaux ont été tués ou affectés. Afin d’assurer la régénération de leurs habitats, des parcs nationaux comme Wildlife Wonders recourent à des pratiques traditionnelles, brûlant les arbres de manière contrôlée, une méthode inspirée par les techniques utilisées par les populations autochtones. Cependant, cette approche est controversée, car elle risque de perturber le cycle naturel des écosystèmes. Néanmoins, les réserves naturelles comme Wildlife s’organisent pour secourir les koalas et kangourous blessés, avec des lignes directes pour que les automobilistes puissent signaler les animaux en détresse.

Des infrastructures vulnérables

Malgré une organisation efficace pour gérer les feux, les méthodes de construction actuelles constituent un obstacle majeur. La majorité des habitations en Australie sont en bois, matériau particulièrement inflammable. Alice Barthelemy souligne qu’il persiste une culture de pionnier impliquant des constructions rapides sans prendre en compte la durabilité. « L’armature des bâtiments est entièrement en bois, et seuls les modèles récents et de haute qualité ressemblent à des constructions européennes. » En conséquent, même si les effets bénéfiques de certains incendies, nécessaires à la germination de certaines espèces d’arbres comme les eucalyptus, sont reconnus, la fréquence et l’intensité accrues des feux représentent une menace existentielle pour l’écosystème. Au moment où l’Australie possède presque deux fois plus de kangourous que d’habitants, les populations de koalas ont vu leur nombre diminuer dramatiquement à moins de 50 millions répartis sur le territoire. La région de Victoria s’efforce de s’adapter à cette nouvelle réalité climatique, mais le chemin s’annonce semé d’embûches.

Alors que les incendies continuent de ravager des terres, la nécessité d’une prise de conscience et d’une action immédiate se fait cruellement sentir. Les autorités doivent non seulement répondre aux situations d’urgence, mais aussi repenser leurs stratégies de développement face à la menace croissante des feux de brousse exacerbés par le changement climatique.

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